J'aime l'ambiance, festive et militante, du salon du livre d'expression populaire et de critique sociale, le 1er mai à Arras.

Evidemment, beaucoup de ceux qui témoignent et qui s'engagent ici n'ont pas les mêmes itinéraires et les mêmes filiations que moi. Et alors ?

N'en déplaise aux imbéciles - et j'ai eu droit cette année au même qu'en 2009 - je crois qu'il y a plus d'intelligence dans deux idées qui se confrontent et qui doutent que dans une seule vérité assénée.

Et que l'on peut se retrouver et se rassembler, a fortiori quand les idées sont portées par un écrivain de la trempe de Frédéric Fajardie.

Oui, cher esprit progressiste, j'ai croisé des gauchistes dans la très belle exposition qui lui est consacrée au musée d'Arras, mais j'ai surtout retrouvé l'humanité et la bonté de cet homme que je lisais bien avant d'apprécier les rencontres et les échanges au fil des ans comme je l'ai dit en 2006 ou en 2008.

C'est cette même humanité que j'ai trouvée chez le metteur en scène Stéphane Verrue et les équipes de sa compagnie Avec vue sur la mer; une altérité, une empathie immédiate, une confiance qui s'accorde, des liens qui se nouent par delà les parcours et les étiquettes.

J'avais donc hâte de découvrir son travail sur Le discours de la servitude volontaire du jeune La Boétie (nous sommes en 1546) et je ne peux que vous inviter à le voir là où vous en aurez l'occasion (Avignon cet été, au théâtre d'Arras en février 2012) ou même à le programmer chez vous, lieu culturel, entreprise,...
La force et l'actualité du texte sont étonnantes, la performance du comédien est époustouflante et l'on ressort avec l'esprit ouvert à mille interrogations sur ce que nous abdiquons inconsciemment chaque jour de liberté.

Je ne vous en livre qu'une phrase, qui n'est pas sans échos à l'aube de l'année électorale qui s'annonce :
"Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l'ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre".