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Lettre pas refermée

Pour ce que j'en ai lu dans la presse, l'ironie et les tentatives de diversion qui font office de réaction à ma lettre ouverte ne masquent pas la faiblesse des arguments et m'amènent à quelques précisions :

1. La question soulevée est bien juridique : il ne s'agit pas d'une petite erreur banale mais d'une infraction qui porte un nom : délit de favoritisme !

2. Je n'accepte pas qu'on se défausse sur les services de la ville qui ont toujours bien fait leur travail et qui, en l'espèce, n'ont fait que répondre à une commande.

3. Puisque le maire ne nie pas l'illégalité (il serait bien en peine de le faire d'ailleurs...) la seule voie pour restaurer la confiance est de mettre fin à ce marché et de le relancer dans les règles.

4. Si la nécessité impérieuse de faire appel à un cabinet spécialisé pour faire connaître le MainSquare ou les carrosses de Versailles prête à sourire, on peut en revanche s'interroger sur le besoin essentiel pour la ville de faire savoir aux journalistes lillois ou parisiens l'ouverture d'une permanence en ligne du maire...

Ces rappels effectués, il reste l'argument-massue du maire : tout ça, ce serait de la campagne électorale...

Parlons-en, puisque campagne électorale il y aura - n'en déplaise à ceux qui préfèrent le confort des passations de pouvoir entre amis - espérons qu'elle se passe dans la transparence et l'équité !

Et il se trouve que ce marché s'inscrit dans un contexte qui permet d'avoir des craintes : refus, illégal lui aussi, d'accorder un droit d'expression aux élus indépendants d'Arras Passionnément dans un journal municipal bientôt rebaptisé "la gloire de mon maire" comme en atteste le dernier numéro sur la journée de la femme où l'oubli des femmes élues de l'opposition relève autant de l'inélégance que du sectarisme.
Oui, parlons de la campagne électorale, ce moment d'égalité des moyens de communication pour tous les candidats.

Arras Passionnément y fera, comme elle a commencé à le faire lors de ses voeux, des propositions pour les Arrageois.

Rien n'interdit au maire d'y réagir aussi !

Lettre ouverte au maire d'Arras

J'ai adressé ce jour la lettre ouverte suivante au maire d'Arras :

Monsieur le Maire,

Vous avez reçu, le 15 février dernier, un courrier des services de Monsieur le Préfet, confirmant l’analyse que nous avions faite du marché de relations presse attribué au cabinet Alquier pour un montant de 78.000 euros HT.

Comme nous l’avions craint et comme nous vous en avions alerté en séance du conseil municipal de Juillet dernier, ce marché ne respecte pas les procédures de mise en concurrence prévues par le code des marchés publics.

Ce marché est donc illégal, même si pour des raisons de délai, il ne peut plus être attaqué.

Dans ces conditions, vous vous grandiriez à suspendre ce marché et à le relancer dans les règles afin d’éviter toute suspicion.

Car à l’illégalité de cette commande s’ajoute l’obscurité sur ses objectifs : la formulation écrite est restée très floue (« réflexion autour des pratiques de relations presse » !) et vos commentaires en séance sur le nécessaire rayonnement d’Arras n’ont pas éclairé davantage sur le travail réel réalisé par ce cabinet.

Afin de lever toute ambiguïté aux yeux des Arrageois, je vous demande donc de nous communiquer, en séance du conseil municipal, le détail des actions entreprises par ce cabinet pour la promotion de la ville.

Malentendus

Comme je l'ai déjà dit ici l'histoire de l'enseignement des jeunes sourds est intimement liée à celle d'Arras et je suis très attaché à ce patrimoine singulier de notre ville.

C'est donc avec un intérêt particulier que j'ai choisi l'ouvrage de Bertrand Leclair dans le cadre de mes chroniques sur Babelio.

Il s'agit d'un objet littéraire plaisant et original, entre roman, récit historique et témoignage personnel, dont la toile de fond est le combat, méconnu, que se livrèrent oralistes et adeptes de la langue des signes.
Le congrès de Milan de 1880 est l'apogée de ce conflit et de la violence faite aux sourds, comme en témoigne les paroles de l'abbé Tarra "Nous devons bannir les signes qui ne serviront jamais qu'à détruire la langue (...) au nom de la grande et sainte entreprrise que nous appelons la rédemption du sourd-muet".

Il faudra attendre la loi du 11 février 2005 en France pour mettre fin officiellement à l'obligation de la méthode orale pour l'éducation des sourds en France !

Plus d'un siècle de luttes pour affirmer cette liberté et rejoindre cette juste affirmation de William Blake "Il y a des choses qu'on peut connaître et d'autres non; entre les deux il y a des portes, les portes de la perception".