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Peur sur le village

C'est un petit livre qui vous prend aux tripes presque par inadvertance pour vous relâcher une centaine de pages plus loin, sonné par l'angoisse qui s'est installée sourdement au fil du récit.

C'est un mélange de Chabrol - pour la dénonciation des apparences bourgeoises - et d'Hitchock pour l'art de l'intrigue et du hors-champ.

La rencontre de l'écriture blanche, minimaliste de Ravey et d'un sujet digne de la Série Noire finit de décontenancer le lecteur convaincu d'avoir refermé un roman.. vraiment peu ordinaire.

Espace Arras famille : pas idyllique pour tous !

Je connais des parents qui ont du s’étrangler à la lecture du magazine Arras Actu - qui n’a jamais autant mérité son surnom de Pravda* locale - et de l’article sur l’Espace Arras Famille.

Si la dématérialisation des procédures est un mouvement positif qu’il faut encourager et poursuivre, la réalité est moins idyllique que ce que laisse entendre la communication officielle.

Nombre de familles déplorent ainsi le manque de souplesse du dispositif et son caractère très contraignant pour les parents aux horaires imprévisibles ou avec plusieurs enfants (si l’aîné est malade, le choix est de laisser le(s) plus petit(s) à la cantine avec les chagrins imaginables.. ou de payer le prix fort !).

Surtout, c’est la manière brutale dont les choses ont été mises en place qui a désorienté : services municipaux mis sous pression, aucune concertation avec les parents ni les enseignants… tout ça pour pouvoir communiquer sur la « modernité » pendant les vœux.

La vie et l’organisation des familles méritaient mieux que cette précipitation pour un coup de comm’ éphémère.

*Comme le célèbre quotidien soviétique, les articles sont à sens unique : gloire à l’action de la majorité et culte du chef en photo à toutes les pages.

L'inutile est essentiel !

C'est la conviction défendue par le psychanalyste Roland Gori qui l'illustre par la très belle citation de Walter Benjamin : "le geste de l'enfant qui essaie d'attraper la lune comme une balle est en apparence inutile et pourtant, ce geste est essentiel parce qu'il grandit l'élan du coeur, de la main et de l'esprit."

Pour l'auteur de La fabrique des imposteurs, la logique d'évaluation permanente dans notre société conduit à ne plus doter le travail d'une valeur mais d'amener les gens à se comporter d'une certaine manière en fonction de critères purement quantitatifs, formels, procéduraux. La reconnaissance n'est plus fondée sur ce que l'on produit mais c'est la reconnaissance sociale qui établit la valeur de ce que l'on produit.

Les conséquences de cette imposture se retrouvent dans nos fonctionnements collectifs : les normes (injonctions, recommandation diverses,.) se substituent insidieusement à la Loi et la politique elle-même se réduit à la rationalité gestionnaire et budgétaire délaissant une réalité plus complexe.

Pour Gori, le social dérape quand il ne se fie qu'au semblant et notre devoir est de dénoncer une entreprise de civilisation qui nous amène à regarder le compteur et pas la route. L'horizon de cette société de la norme est la société animale (la fourmilière) où chaque individu est réduit à son unité fonctionnelle et c'est par le jeu, la poésie, l'amour, la culture, bref dans l'inutile apparent que nous pouvons redonner du sens à l'existence.

Je me retrouve depuis longtemps dans cette conviction que notre devoir d'élu (et notamment en charge de politiques culturelles) n'est pas d'offrir des distractions et des divertissements calibrés pour consommateurs de produits culturels mais de donner des clés pour que chacun puisse se réapproprier la décision de penser et de choisir.

Voeux

Toute l'équipe d'Arras Passionnément vous souhaite une très bonne année 2013 pleine de promesses et de succès et vous donne rendez-vous

le mercredi 30 janvier à 19h à la Maison des sociétés d'Arras - 16 rue Aristide Briand - pour la présentation des voeux.

Pour tout contact : arraspassion@yahoo.fr et 06.95.55.93.83