Hier soir à la Maison des sourds d'Arras, l'association Trèfle organisait un "café-signes", temps d'échange entre sourds et entendants.

Outre le plaisir de retrouver des personnes passionnées (dont Françoise Casas) avec lesquelles j'ai travaillé, lorsque j'étais adjoint à la culture, sur l'accessibilité des spectacles vivants, j'ai été très touché par la chaleur de cette communauté réunie autour d'un moyen de communication, par cette envie de partager, par la fierté légitime des militants de l'association pour leur action qui lève au quotidien la barrière invisible qui entoure les sourds.

Pour eux, pour les quelques 270 enfants et la communauté éducative du Centre d'éducation des Jeunes Sourds d'Arras, parce que l'éducation des sourds fait partie de l'histoire d'Arras depuis deux siècles avec la fondation de l’institution des sourds et muets en 1817 par Mademoiselle Duler (qui mériterait d'ailleurs une reconnaissance à Arras par une rue à son nom !), il serait légitime et souhaitable que la ville d'Arras cherche à accueillir l'exposition réalisée pour le tricentenaire de la naissance de l'Abbé de l'Epée, premier instituteur gratuit des sourds et muets.

Ce serait une juste reconnaissance et une belle illustration des mots de Victor Hugo : "Qu'importe la surdité de l'oreille quand l'esprit entend. La seule surdité, la vraie surdité, la surdité incurable, c'est celle de l'intelligence."