Pour qui s’intéresse à l’envers du décor politique, à la comédie humaine qui se joue dans le secret des palais nationaux et des cabinets ministériels, « Acharnement » est une immersion réussie, au ton très juste, à l’image du film de Pierre Schöller « L’exercice de l’Etat ».

Mais le roman de Mathieu Larnaudie est bien plus qu’une plongée dans les hautes sphères de l’administration décodées par la « plume » d’un ancien ministre : un questionnement sur le sens et l’usage des mots pour dire un monde imprévisible qui surgit dans le quotidien de Müller sous forme de vague suicidaire au fond de sa propriété.

Un texte très littéraire qui multiplie parenthèses et incises, alterne récit subjectif et focalisation externe, empile les subjonctifs pour décrire une situation triviale, comme pour mieux se tenir à distance de ce monde que Müller ne comprend décidément pas, écoeuré par l’exercice du pouvoir et dépassé par les événements tragiques qui le rattrapent, jusqu’au dernier rebondissement.

Une belle découverte d’un univers et d’un style très personnels.