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La démocratie participative, ça ne se décrète pas !

Une contrainte personnelle m'empêche d'être présent au conseil municipal ce soir.

Fidèle à ma ligne de conduite, ce malgré l'acharnement à faire de moi un opposant isolé, j'ai donné mon pouvoir à un élu de la majorité qui votera en mon nom les orientations qui me semblent raisonnables, notamment en matière budgétaire.

En revanche, j'ai souhaité m'abstenir sur la délibération concernant la salle de l'Harmonie.

Sur le fond, je ne peux que me réjouir d'une solution pérenne pour l'activité des Compagnons du Tour de France.
C'est la forme qui pose problème : où est la mise en concurrence quand le collectif d'associations qui portait un projet alternatif s'est senti piégé dans un jeu dont il ne connaissait ni les règles, ni les finalités, ni les arbitres.

Il n'est pas tout de vouloir organiser des échanges démocratiques sur la culture - pseudo concertation où la parole est monopolisée 1h45 par la tribune devant une salle qui se sent instrumentalisée et qui se fait en outre vertement rabrouer quand ses questions déplaisent...

Faire participer démocratiquement les acteurs du terrain, cela suppose de fixer des règles du jeu claires, d'accepter de partager l'ordre du jour et une partie du pouvoir.

Il ne faudrait pas qu'Arras devienne la capitale des décisions prises en catimini, de la mise devant le fait (du prince..) accompli, et du canada-dry de la participation : une belle façade qui en a la couleur et les apparences mais une réalité toute autre !

La littérature française est bien vivante !

Comme je vous le disais il y a deux mois, 2012 promet d'être une belle année pour la littérature française et mes éditeurs favoris y prennent toute leur part.

Chez Léo Scheer, Claire Berest livre à partir de sa propre expérience une sorte de road-movie littéraire, embarquée (par inadvertance? par erreur? par amour?) dans une tournée mondiale aux côtés d'un chanteur canadien, pour un "Lost in translation" très rock'n roll.
Il y a définitivement du génie dans cette famille Berest, puisque Claire est la soeur d'Anne dont j'avais adoré le premier roman !

Toujours chez Léo, fidélité au grand Gabriel pour un recueil d'articles toujours aussi acides que brillants sur une télévision gaulliste qui nous semble sortie de la préhistoire.

Encore un premier roman chez Arléa, celui d'Olivier Cabiro, l'histoire sensible d'un amour impossible, sur fond de vie quotidienne d'expatriés. Ce qui donne un côté Paul Morand à cet auteur qui ne manque pas de style.

Alma éditeur confirme ses excellents débuts en publiant Arnaud Dudek pour un premier roman foutraque et jubilatoire narrant la journée pas banale et pourtant ordinaire d'un trentenaire quelconque et désabusé.

Enfin, chez Serge Safran (dois-je redire l'admiration que j'ai pour son travail ?), la collection s'enrichit d'un troisième opus, que j'ai eu le bonheur de lire dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio.

Les Impurs de Caroline Boidé est l'histoire d'une passion brûlante mais douloureusement impossible : A Alger, au milieu des années 1950, un jeune juif tiraillé entre l'amour et l'obéissance à sa famille ne peut pas aimer une musulmane fantasque et rêveuse, qui croit au pouvoir des livres.
Un magnifique regard plein de chaleur et de sensualité, d'espoir aussi malgré l'immense tristesse, dans l'atmosphère étouffante d'une guerre qui déchire deux peuples qui vivaient en osmose depuis la nuit des temps.