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Drôles de pères



Il fallait l'audace et la puissance de Régis Jauffret pour se confronter à la vie de Josef Fritzl, ce père de famille autrichien qui a séquestré sa fille pendant 24 ans et lui a fait 7 enfants dans la cave du sous-sol de sa maison.

L'histoire est sordide et le roman aurait pu sombrer dans le voyeurisme glauque; c'est le tour de force de Jauffret et de son style limpide de se tenir toujours à la bonne distance, de tenter d'imaginer l'inimaginable, le quotidien de 24 ans de réclusion sous l'autorité de ce père tyrannique et monstrueux, mais un père quand même, d'envisager malgré tout des moments de bonheur et de partage familial.
Faire entendre l'indicible avec autant de justesse et de retenue est sans aucun doute la marque d'un immense écrivain et Jauffret confirme qu'il est de cette trempe.

Brigitte Giraud, déjà saluée ici pour son précédent roman confirme aussi une sensibilité soutenue par un ton très juste et une écriture maîtrisée.

Le père, personnage central de Pas d'inquiétude, n'a évidemment rien de commun avec Fritzl, mais en se mettant en retrait de toute vie sociale et professionnelle pour accompagner son fils atteint d'une maladie mystérieuse, il se trouve confronté aux questions de la paternité, du don de son temps pour autrui, des équilibres de la vie familiale.

A lire absolument par les pères de famille, et par tous les autres !

2005-2012, un septennat de A à Z

Qu'on se rassure, je n'ai pas oublié la réforme ramenant le mandat présidentiel à 5 ans (pas le meilleur souvenir de Jacques Chirac !) : il ne s'agit pas de dresser ici des inventaires politiques mais de fêter la date anniversaire de création de ce blog, il y a 7 ans jour pour jour.
Je vous propose une petite rétrospective, tout à fait subjective (n'hésitez pas à faire la vôtre !), des sujets qui me sont chers ou des billets qui m'ont marqué.

A comme.. Arras, évidemment ! Ma passion pour la ville et ses acteurs guide mes engagements, mon action et ce blog s'inscrivait dès l'origine dans une volonté de tisser un lien complémentaire avec les Arrageois.

C comme Culture. Je n'ai jamais dissocié mes engagements politiques (évidemment marqués par mon mandat d'adjoint à la culture) de ma volonté d'agir en faveur de l'art et de la culture.
Dès le premier billet en janvier 2005, je disais vouloir faire partager mes convictions mais aussi mes découvertes plus personnelles , en matière de littérature ou de chanson.
Cela m'a parfois été reproché. Et pourtant, comme le rappelle Pierre Sauvageot dans un tribune du Monde de ce jour : "Dans un pays obnubilé par la dette et le chômage, dans un pays où les intégrismes prospèrent, dans un pays écartelé entre consommation et environnement où même la marchandise ne fait plus rêver, l'art vivant n'est pas un supplément d'âme pour public cultivé, il est d'une absolue nécessité pour une société qui explore ses transformations, qui réfléchit à son avenir, qui s'invente des possibles."

D comme Démocratie. Mon engagement s'inscrit dans une fidélité aux idées gaullistes. A ceux qui peuvent la trouver anachronique, je rappelle l'actualité de la formule du Général "Nous avons choisi la République ET la démocratie". Au fil de ces 7 ans, j'ai pu développer mon attachement à la démocratie directe, l'apport des nouvelles technologies dans la relation avec les citoyens et, plus récemment, ma conception du respect de la démocratie locale.

E comme Extrémisme. A l'heure où un nombre croissant de Français ne semble plus rebuté par ces idées, je redis ma conviction que c'est par un combat politique, qui s'attache aux causes du malaise qu'on luttera efficacement contre ce recul du vivre ensemble. Et, une fois n'est pas coutume, je partage l'affirmation d'Eva Joly selon laquelle "On ne lutte pas contre la peur en l'alimentant et en surfant sur elle."

F comme Festival. Tous les ans, en juin et en novembre, mon blog prend les couleurs de la "Faites de la chanson" ou du Festival international du film d'Arras. Des moments de découverte, de partage, de convivialité portés par des amis passionnés.

L comme Leprest. Probablement l'artiste qui m'aura le plus bouleversé sur scène, et l'occasion de redire à travers lui, pourquoi j'aime la chanson française.

M comme Matzneff. Difficile de sortir un livre parmi les centaines dont j'ai parlé ici. Je fais de Gabriel Matzneff leur porte-parole, lui qui a donné une des plus belles définitions d'un écrivain : "Un univers soutenu par un style".

O comme Opérette. Ou le symbole d'une ambition culturelle parfois difficile à partager.

R comme République. Pour redire mon attachement profond à ses valeurs. A l'égalité des chances et des droits, refusant toute distinction fondée sur la race, la religion, l'origine sociale. Fondement de notre modèle de société, ce sera un élément déterminant de mon choix pour les élections présidentielles et législatives des prochains mois.

S comme Sarkozy. L'enchaînement est tout trouvé. Ce que je lui reproche par dessus-tout, c'est d'avoir mis à mal les valeurs évoquées ci-dessus, en clivant, en dressant les Français les uns contre les autres. J'ai dit plus d'une fois ici pourquoi je ne l'aime pas.

V comme Vanneste. C'est sans doute lui faire trop d'honneur, mais il est emblématique de ce que l'UMP a laissé vivre et grandir dans ses rangs. Et explique pourquoi j'ai cessé d'y adhérer.

Z comme Zulma. Parce qu'une maison d'édition qui fait des choix d'ouverture sur le monde avec exigence et passion symbolise bien ma passion pour la littérature. Et ne serait-ce que pour m'avoir fait découvrir David Toscana et Ingrid Thobois.

Fidélités

Il y a du bonheur, dans le calendrier des parutions littéraires, à trouver des repères : auteurs familiers qui sont devenus comme de vieux amis - Régis Jauffret, Gabriel Matzneff - coups de coeur récents dont on attend la confirmation - Claire Berest, David Toscana - ou maisons d'édition qu'on suit les yeux fermés : Alma pour Arnaud Dudek, Zulma pour Benny Barbash, Arléa pour Olivier Cabiro...

De tous ceux-là, vous entendrez parler dans les semaines qui viennent.

La tribune que les Arrageois ont failli lire...

Mi-décembre, le service communication de la ville m'informe de la possibilité qui m'est offerte de rédiger une tribune pour le magazine municipal, comme toutes les sensibilités représentées au sein du conseil municipal.

Je m'enquiers aujourd'hui des conditions de remise de cette tribune. Embarras du service qui finit par m'avouer qu'une note du cabinet du maire annule cette proposition.
Personne ne m'en avait évidemment informé. Renseignements pris, le règlement intérieur ne prévoit que l'expression des listes présentes lors de l'élection de 2008.

Voici dont le texte qui a failli paraître et qui s'adressait notamment au personnel municipal réuni aujourd'hui pour la cérémonie des voeux.

Les premiers pas d'un élu, ses premières décisions politiques sont l'occasion de montrer les symboles et le sens du mandat qu'il entend exercer.

Malheureusement, les deux premières décisions du maire, à peine installé, auront été des occasions manquées de manifester tolérance et courage.

En répondant par une exclusion à ma demande de transparence et de démocratie, il a réagi de manière autoritaire et brutale, ignorant la voie du rassemblement et de la tolérance et, pire, méprisant la légitime interrogation des Arrageois sur une passation de pouvoir dont ils ont été les grands absents.

En offrant au personnel municipal une journée de repos supplémentaire pour marquer son accession au pouvoir, il a choisi la voie de la facilité et de la complaisance.
Outre que ce cadeau démagogique coûte, et ce en période de crise, surtout aux contribuables arrageois, j'ai la conviction, tirée de nombreux échanges avec les agents de la ville, que les priorités du personnel ne sont pas celles-ci !

Il eût été plus difficile certes, mais plus courageux, de proposer une réflexion en profondeur sur la reconnaissance des mérites et de l'engagement des salariés, sur les conditions d'exercice de leur activité, sur l'accompagnement social (cantine, garderie, salles de repos et d'infirmerie,...).

Espérons qu'il s'agisse d'erreurs ponctuelles liées à la période d'essai et que nous retrouvions rapidement la voie des décisions ouvertes et courageuses.

C'est dans ce sens que je continuerai à oeuvrer, à ma place, au sein du conseil municipal et avec tous ceux qui voudront m'accompagner.

En attendant, je souhaite à chacune et chacun d'entre vous une excellente année 2012 riche en satisfactions personnelles et familiales.