"L'origine de l'écriture se situe là, je le sais de manière confuse, dans ces quelques heures qui ont fait basculer nos vies, dans les jours qui les ont précédées et le temps d'isolement qui a suivi."

Là, où Delphine de Vigan nous emmène, c'est au coeur de la saga d'une famille aussi originale que tourmentée. A la rencontre de sa mère et de ses démissions qu'elle voudrait enfin comprendre pour pouvoir les pardonner.
Et on souffre avec elle d'affronter ce défi immense, douloureux, exigeant. Fouiller, questionner, rendre compte. Sans concessions. S'interroger constamment sur la légitimité d'une telle entreprise, sur son sens. Ne pas pouvoir faire autrement, ni écrire autre chose. Tout en faisant ce cruel constat que "l'écriture ne donne accès à rien."

Dans "Les heures souterraines" Delphine de Vigan montrait déjà son talent à faire vivre le sentiment d'oppression.

L'engagement personnel, le ton intime de ce nouveau roman lui donnent une forme d'élégance désespérée à la Bashung, si intelligemment convoqué pour le choix du titre.