Sarah, la soeur aînée de Lisa a disparu il y a 27 ans.
Ou plutôt, elle n'est jamais revenue du Groënland.

Banquises de Valentine Goby est l'histoire d'un voyage.

Voyage dans le temps, chronique de l'effacement du corps, des souvenirs de la jeune femme disparue, mémoire d'un drame jamais accepté, jamais nommé qui fige les rapports entre le père, la mère et Lisa, les glace dans l'attente.
Voyage vers cette glace où Sarah est partie se perdre, cette banquise qui elle-même s'efface sous l'effet du réchauffement climatique.
Aller-retour de la disparition de l'être cher à la disparition d'un monde.

27 ans plus tard, Lisa refait le même itinéraire et "cherche la même lumière (qui) les saisit dans une photo jamais prise".
Et se cherche elle-même, faute d'avoir trouvé sa place, y compris dans l'amour maternel "le seul endroit où tu peux tout être, tout demander sans risquer le désamour."

Sarah, musicienne, éprouvait une passion pour la version de "Since from my dear Astrea's sight" de Purcell par Alfred Deller .

On ne peut imaginer plus juste illustration musicale de ce roman d'une froide beauté que ne réchauffe pas son écriture sèche et très intérieure, à la manière d'un Echenoz ou d'un Olivier Adam.