Nous sommes d'accord, le sujet de la dépénalisation ou de la législation contrôlée de la consommation du cannabis n'est pas un enjeu essentiel des prochaines présidentielles ni des préoccupations quotidiennes des Français.

On peut quand même être interpellé quand deux anciens ministres de l'intérieur (Daniel Vaillant et Dominique de Villepin) - a priori de bords différents - parviennent au même constat que la lutte contre le trafic est un échec et que la loi est bafouée et inapplicable par ceux qui en ont la charge.

On peut aussi déplorer cette manie bien française de mettre la tête dans le sable et de considérer que le risque politique de s'attaquer à un problème justifie à lui seul d'aborder le monde de 2011 avec des outils des années 70 (dans un tout autre registre, c'est le cas de la révision des valeurs locatives, fondement des impôts locaux, qui s'appuient encore sur une photo de nos villes en 1970 !) : quand 4 millions de nos concitoyens ont consommé au moins une fois de l'année (et je n'en suis pas, je le précise) un produit, et que 90.000 seulement sont poursuivis, risquant jusqu'à un an de prison, où est la justice républicaine ?
Sans compter qu'il est plus facile d'interpeller un petit fumeur de shit dans une cage d'escalier qu'un fumeur fortuné dans des soirées mondaines.