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Le tube de l'été

Il ne s'agit pas ici de vous parler de la soupe annuelle aseptisée et formatée pour faire danser dans les t-shirts et dans les maillots, d'la Côte d'Azur à Saint-Malo mais de vous révèler un pan bien plus personnel de ma vie estivale : rien de moins que THE album qui accompagnera l'été familial.

Vous savez, cette galette dont on ne peut se passer, qui rythme autant les barbocs du samedi soir que les petits matins dominicaux, le truc fédérateur qui convient à la transhumance en auto quand il faut plaire aussi bien à l'épouse exigeante (musicalement s'entend..) qu'aux ados dubitatifs et au minus de 5 ans qui prétend lui aussi avoir des idées musicales arrêtées (celui d'un mois se contente pour l'instant de pousser des cris pour encourager les choix de son père).

Celui qui va détrôner d'anciens tenants du titre comme Emilie Simon ou The Do (Alexis HK ou Bob Marley servant de refuges ultimes quand le petit ou les grands saturent avec l'album en question).

Et cette année, the winner is... METRONOMY.
Ne prétendant pas ajouter une rubrique "critique musicale" à ce blog, je me contente de vous inciter à acheter ce cd - tout est bon, rien à jeter, ça donne la pêche les petits matins bruineux et ça fait danser les vendredis soirs pour fêter le week-end.. un petit extrait pour vous convaincre.

Metronomy - The Look from lorenzo fonda on Vimeo.

Faites, oui faites de la chanson !

Ceux qui lisent ce blog depuis ses débuts il y a 6 ans ne seront pas surpris de mon clin d'oeil à cet événement de la vie culturelle arrageoise puisque je parlais dès 2005 de ce rendez-vous de l'amitié, du plaisir et du professionnalisme amateur.

J'aime cette association, dont je suis adhérent depuis 1996, ses bénévoles et leur programmation comme je l'ai déjà dit en 2006, en 2007, en 2008, en 2009 et l'an dernier.

Le lancement de l'édition 2011, avec le concert de Louis Chédid hier soir, a donné le ton : de la chaleur, de la générosité et du bonheur à être ensemble !

Legalize it ?

Nous sommes d'accord, le sujet de la dépénalisation ou de la législation contrôlée de la consommation du cannabis n'est pas un enjeu essentiel des prochaines présidentielles ni des préoccupations quotidiennes des Français.

On peut quand même être interpellé quand deux anciens ministres de l'intérieur (Daniel Vaillant et Dominique de Villepin) - a priori de bords différents - parviennent au même constat que la lutte contre le trafic est un échec et que la loi est bafouée et inapplicable par ceux qui en ont la charge.

On peut aussi déplorer cette manie bien française de mettre la tête dans le sable et de considérer que le risque politique de s'attaquer à un problème justifie à lui seul d'aborder le monde de 2011 avec des outils des années 70 (dans un tout autre registre, c'est le cas de la révision des valeurs locatives, fondement des impôts locaux, qui s'appuient encore sur une photo de nos villes en 1970 !) : quand 4 millions de nos concitoyens ont consommé au moins une fois de l'année (et je n'en suis pas, je le précise) un produit, et que 90.000 seulement sont poursuivis, risquant jusqu'à un an de prison, où est la justice républicaine ?
Sans compter qu'il est plus facile d'interpeller un petit fumeur de shit dans une cage d'escalier qu'un fumeur fortuné dans des soirées mondaines.

Une quinzaine de choc(s)

Quinze jours d'accueil d'un nouveau petit habitant dans la maison, de reprise du boulot.. et de chocs en tous genres.

Choc physique, un jeudi de l'Ascension qui se finit en atterissage forcé, le fils de 5 ans dans les bras, l'instinct paternel qui le protège et le front du père pour amortir : 3 points de suture, une folle soirée aux urgences et une semaine à arborer des décorations de chef indien sur la tête.

Choc des mots qui ne tient pas toutes ses promesses : je craque souvent pour un livre, juste sur la beauté du titre - c'est parfois réussi, Une interminable distraction au monde, de Betrand de Robillard, magnifique roman du couple qui cherche à inventer dans la pérennité - parfois plus ésotérique, Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau, promenade esthético-philosophique-japonisante que j'avoue avoir abandonnée en chemin.

Choc politique, avec la déclaration - boutade ? - de Jacques Chirac indiquant qu'il votera François Hollande. Où l'on découvre que l'humour corrézien peut avoir des échos profonds dans l'électorat de droite. Comme l'écrit Maurice Szafran dans Marianne "Peut-être Jacques Chirac, enfin débarrassé des contingences et des convenances qui lui ont tant pesées, exprime-t-il ce qu'il ressent, un dégoût pour la droite sarkozyste, une conception de la nation et de la république qui le rapproche, pour de vrai, d'un François Hollande."
J'en connais à qui ça parle !

Enfin, LE CHOC de la quinzaine, et probablement bien au-delà, c'est le roman d'Olivier Martinelli, La nuit ne dure pas, qui secoue comme du Selby ou du Fante (son modèle), écrit les doigts dans la prise comme les titres (de Daniel Darc à Mazzy Star) qui servent de trame au récit. Et pourtant pas besoin de références musicales particulières pour se laisser emporter, émouvoir, cueillir par l'histoire de ces 3 kids qui sortent de l'adolescence avec des doutes plein les poches et le rock'n roll comme religion.

J'ai tellement aimé ce bouquin qu'il s'est produit un truc assez rare chez moi : l'envie de connaître ce type de mon âge capable de puiser et de transmettre autant d'énergie et d'émotions.