La proposition peut sembler incongrue, a fortiori venant de quelqu'un qui revendique son attachement au Gaullisme.

Evacuons tout de suite cet aspect : mon Gaullisme n'est pas la reproduction aveugle et immuable des solutions imaginées par le Général mais une leçon d'adaptation et de courage face à l'adversité et aux circonstances.

Et qui oserait affirmer qu'il proposerait aujourd'hui, à une société ayant profondément évolué, les mêmes réponses qu'il y a 50 ans.

En 1962, il s'agissait de sortir définitivement du parlementarisme des III° et IV° Républiques et de donner au Président une légitimité issue de sa rencontre avec le peuple.

Si cette innovation a alors permis de rééquilibrer le système politique, force est de constater qu'elle a modifié le système de partis, leur donnant une mainmise d'autant plus forte qu'ils tiennent la clé des investitures des législatives qui suivent (n'est-ce pas mes amis radicaux ?).

Elle nous a surtout conduit collectivement à tout attendre d'un homme (pas encore d'une femme, hélas !) providentiel, investi d'un pouvoir exorbitant.

On m'objectera le recul démocratique que serait le retrait de ce droit du peuple, tout en oubliant que les Présidents successifs représentent une part de plus en plus faible de la population.

On craindra le retour à l'instabilité, sans voir qu'un Premier Ministre porté par une élection législative devenant le pivot de la vie politique - comme en Allemagne ou en Angleterre - peut avoir autant de force et de capacité d'agir que nos Présidents.

Qui ne voit enfin, dans tous les domaines, que les réussites sont collectives, transversales, que notre attachement à la recherche d'un homme fort est anachronique et qu'il menace de nous jeter dans les bras d'une femme dangereuse ?

Il reste à l'évidence des problèmes techniques et juridiques à surmonter, des débats à ouvrir comme le fait courageusement le collectif l'autre campagne espérant encore que le rendez-vous de 2012 soit autre chose qu'un concours de beauté ou, pire, une succession de coups bas et de coups d'éclat.

Puisque nous y sommes, au-delà des aspects judiciaires de l'affaire DSK, le séisme politique qui l'accompagne n'est-il pas une occasion de s'interroger sur notre folie à faire porter de si grands espoirs et de si grandes responsabilités sur quelques personnes humaines, faillibles par définition ?

Cela mérite au moins d'en discuter !