Quelques jours de coupure bienvenus et mis à profit pour une plongée dépaysante dans la littérature européenne.

"Voir Venise, mourir à Varanasi" est un roman de construction déroutante : juxtaposition de deux parties, dont le narrateur (ou les narrateurs ?) est un journaliste anglais (comme l'auteur Geoff Dyer), critique d'art aussi brillant que superficiel dans la partie vénitienne, observateur attentif et assagi de ce bout du monde mythique et mystique en Inde.
Il faut accepter d'abandonner la recherche d'une logique et même d'un lien entre les deux parties pour savourer l'humour grinçant so british notamment dans la peinture du monde de l'art contemporain et garder en soi les échos de la quête d'essentiel sur les bords du Gange. On referme ce livre animé d'un sentiment paradoxal, aussi frustré qu'ému.

La forme de "Hors-Service"de Solja Krapu est plus classique, c'est le sujet qui est plus original : Eva-Lena mène une vie bien rangée d'enseignante de langues en Suède, régnant sur son collège comme sur sa famille au prix d'une organisation parfaite mais sans fantaisie.. jusqu'au jour où elle reste malencontreusement enfermée dans le local à photocopies de l'tétablissement, un vendredi soir.
Cet incident mineur va remettre en perspective ce quotidien trop huilé et déclencher des remises en cause familiales et professionnelles, le tout sur un ton jubilatoire et tragi-comique.
Une belle découverte que l'on doit aux Editions Gaïa dont j'ai déjà chroniqué le travail ici et qui oeuvrent particulièrement à la diffusion de cette littérature nordique.