Je n'avais rien de particulier à dire sur les cantonales, nouvelle étape de la chronique annoncée de la fin du sarkozysme - j'ai déjà dit à peu près tout ce que j'en pensais - et échéance qui cumulait les handicaps : scrutin illisible en milieu urbain, renouvellement tronqué avant la réforme territoriale.. tout était réuni pour que triomphent les partis de l'ignorance et de l'indifférence.

Mais les échanges de commentaires et de témoignages semblent indiquer une crise plus profonde de la représentation démocratique : les mots que l'on m'écrit sont durs : "un système à bout de souffle avec des gens qui ne représentent plus personne" mais pas étonnants quand on sait que le conseiller général type est un homme de 57 ans qui a toutes les chances d'avoir déjà un autre mandat (52 députés et 37 sénateurs ont ainsi été élus ou réélus).

Pour les présidentielles, cette même interrogation, Où est mon candidat ?, est bien formulée par Léonor de Bailliencourt.

Ou par Claude Askolovitch, à propos de François Hollande, candidat pourtant plus crédible et sympathique que la moyenne, mais qui "nous parle comme on nous parlait il y a trente ans, un siècle, comme si la tradition ne s’épuisait jamais de ces humanistes de préfectures, et la République n’en finissait jamais de se reproduire à l’identique."

Les structures partisanes, modèles d'organisations verticales et caporalisées, réduites au fan-club depuis le quinquennat, sont-elles encore adaptées à l'heure de l'organisation en réseaux et de l'échange sans frontières ?

Je veux pourtant croire encore qu'il soit possible de faire émerger de nouvelles pratiques, de nouveaux acteurs, plus représentatifs de la diversité et de la richesse de la société.. un peu comme sur la scène musicale où j'ai découvert avec enthousiasme hier, dans les bacs d'un des plus grands disquaires de Londres que la France n'avait pas vocation à jouer en deuxième division : ils s'appellent The Shoes et ont réveillé la scène Rémoise avant de conquérir Londres et l'Europe : un extrait en espérant qu'ils auront des cousins en politique !