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Coup de coeur

Je ne vous oublie pas, amis qui avez la gentillesse de suivre avec confiance et indulgence mes élans pour la littérature contemporaine.

J'étais parti en voyage dans les Etats de Parme aux côtés de la belle Gina, sur les routes d'Europe avec Fabrice Del Dongo.. délicieuse parenthèse dans le XIX° stendhalien.

Me revoici dans le siècle. Porteur d'une authentique pépite.

Il serait injurieux de forcer sur le superlatif pour rendre hommage à l'écriture sobre de Michaël Collado.

Anaïs est le roman d'une vie, classique et presque banale d'une jeune femme du siècle qui étouffe dans sa province.
Michaël Collado y dépeint ses amours avec une retenue sensuelle, une pureté presque surannée.



"Décidément, elle ne se lassait pas des héroïnes désuètes, ses amies, ses cousines, ses soeurs. Elle s'épargnait les romans grivois et paresseux, où l'on parle de sexe plutôt que d'amour, de cités HLM plutôt que de villes russes ou italiennes, de soi plutôt que de l'Etre".

Je vous invite à partager mon coup de coeur pour ce premier roman d'une étonnante maturité.

Réseaux sociaux locaux : partager la ville et enrichir la démocratie

Tout le monde connaît Facebook, s'en méfie ou s'y amuse, selon son tempérament.

Mais la réalité du web 2.0 (autrement dit, le passage d'un Internet vertical où les contenus étaient fournis par les professionnels à leurs lecteurs à un réseau horizontal où les internautes peuvent interagir à la fois avec le contenu des pages mais aussi entre eux) produit une image et, au-delà, une pratique de la ville qui porte en elle des attentes et des changements considérables.

Aujourd'hui déjà, pour une ville comme Arras, ce sont des milliers de blogs et, surtout, de skyblogs d'adolescents, des milliers de photos sur Flickr ou de vidéos sur Dailymotion ou Youtube, des critiques de restaurants ou de commerces sur Dismoioù qui tracent une autre carte de la ville et de la façon dont elle est vécue.

Croisées avec la possibilité de se géolocaliser, ces informations vont redessiner le comportement et les attentes des habitants.

Demain, les animateurs du site Balumpa, que j'ai rencontrés, envisagent d'étendre à Arras leur plateforme de "géosocialisation" (je dis où je suis, je cherche les activités- concert, théâtre,..) et les gens qui souhaitent y participer avec moi.

Ailleurs, les réseaux hyperlocaux ouvrent une immense palette de possibilités - échange de services, animation de comités d'habitants, vie démocratique - à l'échelle d'une ville comme à Rennes avec La Ruche ou même d'un immeuble comme cela se pratique en région parisienne avec Ma résidence.

L'enjeu de participation des citoyens à la construction d'un grand projet urbain comme en Gironde (dont on pourrait s'inspirer pour notre quartier de la Citadelle) ou à la qualité de vie en signalant sur une plateforme tous les dysfonctionnements comme à Mérignac est essentiel pour redonner du sens à l'action publique, à l'heure où les réponses simplistes et démagogiques des extrêmes semblent gagner du terrain.

Cela suppose des changements de posture des acteurs publics, élus et fonctionnaires territoriaux, qui doivent accepter de partager le pouvoir et passer d'un système où ils commandent, produisent, décident à un autre où ils orchestrent, conseillent, jouent les médiateurs.

J'ai proposé d'expérimenter ces nouvelles pratiques au sein du comité consultatif d'habitants, dans un premier temps.. pourquoi pas, demain, tenter aussi d'ouvrir l'élaboration du budget municipal à la coproduction ?

Au-delà de ces idées, il faut que les propositions viennent des habitants eux-mêmes, des utilisateurs des nouvelles technologies d'aujourd'hui et de demain.

Chiche ?