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Construire un nouveau quartier

Plus de 70 hectares de sites militaires à reconvertir aux portes du centre-ville : c'est le défi de la décennie pour Arras et la communauté urbaine, qui en a récupéré la propriété.

Nous avons choisi d'y associer étroitement les habitants en ouvrant les portes, en faisant appel à toutes les idées pour valoriser ce lieu magique.

Ce matin, c'est avec les membres des conseils consultatifs des quartiers - dont celui du Centre que je préside - que nous avons passé deux heures à prendre la mesure du site et des enjeux d'urbanisme pour notre agglomération.

Dans les semaines prochaines, les conseils entendront des aménageurs, des architectes, débattront notamment de la "mixité des fonctions" indispensable dans ce nouveau quartier, avant de travailler sur des propositions à faire aux élus de la commauté urbaine et de la ville.

Un beau challenge de démocratie participative !

Pas encore rentré(e)

Pas encore fini ma pile de Noël, que déjà ils reviennent !

Je vais bien finir par y plonger dans cette rentrée littéraire et ses 510 romans.
Ce ne sont pas les tentations qui manquent - Sollers, Assouline, Jonathan Coe pour les valeurs sûres - ni les envies de découverte parmi les 49 petits nouveaux : Xavier de Moulins, Catherine Bianchi, Emmanuelle Pol,...

Mais tout ça va trop vite et j'ai comme des envies de traîner encore un peu, de musarder.. la faute à cet hiver interminable ?

C'est dans cet état d'esprit procrastinatoire que j'ai ouvert "L'Italie si j'y suis" de Philippe Fusaro, une orgie de lumière dans la grisaille, le road-movie sensible d'un père et de son fils sur fond de banale rupture amoureuse, une histoire qui vise juste avec ses personnages attachants et plus qu'un décor, l'Italie comme personnage à part entière, l'Italie qui nous illumine et nous fait rêver et se révèle écrin idéal pour panser les plaies.

Et soudain l'hiver est apparu un peu moins long et rude...

Inspiration

La fin du billet précédent n'était sans doute pas très inspirée puisque c'est d'un livre que je reviens parler avec vous : le dernier d'un de mes écrivains préférés, Jean Echenoz.
Des éclairs est le troisième volet d'un travail de "libre biographie" (Ravel, Zatopek et, donc, Tesla) dans lequel Echenoz part de vies réelles pour fouiller au scalpel, dans sa langue efficace et précise, ce qui fait la destinée singulière et triste de "héros" mal adaptés à la vie sociale et finalement très seuls malgré leur éclatante réussite.

François Hollande me paraît être le plus inspiré de tous les candidats en pré-campagne présidentielle : l'analyse est claire et je la partage ("L'élection de 2012 sera très différente de 2007. Nicolas Sarkozy a douché les Français avec ses exubérances et ses exhibitions" dans Les Inrocks cette semaine), le ton est responsable et déterminé, la posture séduisante ("Le pays attend du calme et du respect (...) attend un Président normal, cela veut dire un homme ou une femme stable, cohérent et qui reste sur ses positions sans avoir besoin d'échapper aux règles")... à suivre !

Un qui ne l'a pas été, inspiré, et qui aurait bien mieux fait de se taire, c'est le président d'Arras Football, qui s'agace de la trop grande place-selon lui- accordée au basket féminin à Arras avec un argument pauvre et déplacé :"Tout ça, ce n'est QUE du basket féminin", ironisant sur la dimension sportive ou médiatique d'une coupe d'Europe entre basket et foot ou encore sur l'affluence régulière de 2000 spectateurs au motif que le foot Arrageois a, une fois, rassemblé 12000 personnes en coupe de France.
Tout ça n'est pas très constructif et pour être aussi un fidèle du stade Degouve, je préférerais qu'on essaie de s'inspirer du basket, en termes d'ambiance, d'accueil des spectateurs.. et de spectacle offert sur le terrain.

Jidédé

En général je m'efforce de ne développer qu'une idée (et encore, faut pas pousser, une demie parfois) par post.. ce qui explique sans doute que je n'écrive pas souvent !

Et puis je laisse de côté plein de petites choses, pas foncièrement essentielles, mais qui font le sel de la vie et qui restent dans ma mémoire à défaut de nourrir mes archives électroniques.

Au fond je suis assez jaloux - autant que je suis fan - de la rubrique Journal du Dimanche d'Emery, que je suis depuis longtemps.

Comme j'ai déjà largement dépassé le silence hebdomadaire, je me contenterai de choses lues, vues, aimées ou pas ces derniers 15 jours.

Vu, Emmanuelle Devos et Jacques Bonnaffé sur la scène du théâtre du Nord (et, divine surprise, 10 minutes après la représentation, Emmanuelle Devos discutant naturellement sur le parvis du théâtre).. magie de grands comédiens qui portent un texte de Bégaudeau assez insignifiant.

Approuvé - une fois n'est pas coutume - François Bayrou dans son engagement pour préserver le Défenseur des enfants (de même que certains députés, comme mon amie Françoise Hostalier) dans la réorganisation des autorités indépendantes de défense des droits : à la différence d'un adulte pour qui, ce qui compte, est le respect des droits aujourd'hui, pour un enfant c'est le fragile intérêt d'une personnalité qui se forme et peut-être brisée. Ce ne sont pas seulement des droits qu'il s'agit de défendre mais bien cet intérêt à long terme.

Eté agacé, la même semaine, par le même Bayrou et son pladoyer "pour avoir la meilleur éducation du monde", lui qui pendant 5 ans aux commandes de ce Ministère dont il rêvait, a surtout marqué les esprits par sa gestion conservatrice et le consensus mou avec les syndicats.

Applaudi, les basketteuses Arrageoises à Villeneuve d'Ascq, dans un haletant huitième de finale d'Eurocup et une salle survoltée par les fantastiques supporters d'Arras.

Applaudi (bis) l'annonce des premiers noms du MainSquare Festival d'Arras : Arcade Fire, PJ Harvey.. au moins deux bonnes raisons supplémentaires d'attendre Juillet avec impatience.

Découvert, le magazine Tsugi et l'ouverture à des musiques que je connais moins bien : Isolée (à écouter ci-dessous), Agoria...

Lu (relu - ça ferait plus chic quand on parle de classiques) pour la première fois Un assassin est mon maître, un des derniers romans de Montherlant qui met en scène l'étrange Exupère dans une analyse romanesque de ses troubles psychologiques, un Exupère "indolent, inconsistant, incohérent, instable et merveilleusement doué pour l'impuissance créatrice, cet état larvaire faisait de lui un lecteur-né"

De quoi me dissuader de vous reparler de mes lectures...

Indignisme

C'est le titre, en forme de verdict sans appel, du billet de Claude Askolovitch dans le JDD qui règle son compte au livre star (même pas un livre, même pas une brochure, un tract, selon Asko) des fêtes de Noël, "Indignez-vous" de Stéphane Hessel.

Autant le dire tout de suite, je n'ai pas encore lu cet opuscule et ce billet ne prétend pas donner un avis de fond, juste témoigner d'une surprise, à la fois devant le succès dudit tract (j'ai même reçu des voeux me souhaitant une "année indignée"..) mais aussi devant les réactions cinglantes qu'il suscite.

Outre Claude Askolovitch, qui s'en prend surtout à la fabrication d'un nouveau prêt-à-penser qui dispense de réfléchir (C’est le droit de Hessel de ressasser des simplismes. C’est le paradoxe des médias progressistes de ne pas s’y arrêter. C’est le problème du peuple de gauche de faire un triomphe à ce brouet, achetant une posture régressive au lieu d’appréhender le chaos contemporain. La gauche n’est pas la recherche d’un gourou chenu, et l’indignation n’est pas la politique. Elle en est même l’exact contraire, ou plutôt son empêchement.), c'est le pertinent impertinent Marc Prévost qui s'en prend sur son blog au nouvel abbé Pierre qui vote Aubry.

Pour Marc Prévost, Hessel est un "nouvel abbé Pierre qui envoûte la ménagère de 50 ans et le jeune précaire de 25 ans, le cadre inquiet des ratés de son ascenseur social et le partisan d'un état palestinien, révoltés par la loi du plus fort appliquée par Israël, le sort des sans-papiers et des Roms ou les marchés financiers fous. En France, on aime tellement les grandes consciences blanchies sous le harnais de la légende et frappées du sceau de l'histoire. Et puis, "Indignez-vous", ça rappelle aux plus anciens cette insurrection de la bonté proclamée à la radio par une nuit sibérienne de l'hiver 54."

Posture régressive ? Insurrection de la bonté ? A priori, je pense spontanément comme ces deux journalistes que la politique doit dépasser l'art des constats pour proposer des pistes et y faire adhérer le peuple.

Mais j'attends d'avoir lu Hessel.. Et vous ?

Pour mes voeux j'invite... Mélenchon !

Dans ce flot insipide de messages convenus, la palme d'or du meilleur message de voeux est sans discussion attribuée à Jean-Luc Mélenchon sur son blog :

"Et maintenant, zou ! A peine revenu au boulot il faudra affronter le marathon des vœux ! Autrefois, élu local, je crapahutais un bon mois dans les cérémonies de vœux. Et je croulais sous les cartes reçues et celles à envoyer. A présent, j’en suis dispensé ! Mais d’aucuns sollicitent mes précieux souhaits pour l’avenir. A condition d’avoir le bon gout de les formuler en images. Une vidéo. Comme Bayrou, Villepin et ainsi de suite. Caramba ! Que n’y ai-je pensé ! J’aurais été beau comme un camion neuf devant son parking. « Mes chers compatriotes, jusque là vous deviez écouter le chef de l’état. Cela vous collait les boules si vous ne l’aimiez pas ou ça vous mettait en jambes pour les huitres si vous étiez de son bord. Dorénavant, vous devrez écouter aussi les hautes pensées et larges visées de tous ses concurrents d’hier et de demain, plus tous ceux qui se la pètent grave."

On accordera un grand prix du jury à Jean-Pierre Raffarin, en résistant à la tentation de faire le même exercice avec des personnalités locales et régionales...

Non, pour ma part, n'étant candidat à rien, je souhaiterai simplement une très belle année à tous mes lecteurs fidèles ou occasionnels, en espérant qu'elle soit riche en échanges et en partage.