La sortie du film de David Fincher sur la saga Facebook a relancé une vague d'articles sur les dangers et limites des réseaux sociaux.

Pionnier des blogs depuis 2005, très tôt intéressé par les formidables opportunités d'échanges offertes par Facebook, Twitter ou Viadeo (pour ne citer que ceux où je suis actif), je ne partage pas les alertes alarmistes, pour peu que l'utilisation de ces outils soit raisonnée et n'efface pas toute frontière entre vie privée et vie sociale numérique.

Il est toutefois un sujet qui me laisse perplexe : je viens d'être touché récemment par le décès de deux amis - avec lesquels j'étais en connexion sur Facebook.. et, sans doute pas assez régulièrement, dans la vraie vie.
La confrontation entre l'annonce brutale de leur mort et un profil toujours bien vivant - photos ou commentaires très récents, voire messages "d'amis" qui viennent dire un dernier adieu comme on jette une dernière poignée de terre au cimetière - est très perturbante et met mal à l'aise.

Comment garder la pudeur et l'intériorité nécessaires face à la mort ? Quel droit à l'oubli, au repos ? Est-on condamné à la postérité numérique ? Le corps humain est-il soluble dans le corps social ?

Des interrogations qui ne sont pas que philosophiques puisque de jeunes entrepreneurs ont récemment conçu un site, La vie d'après, qui permet de gérer de son vivant, la trace qu'on laisse après sa mort, mais aussi les messages posthumes qu'on souhaite déposer pour ses proches.

Les concepteurs du site ont souhaiter s'entourer d'un comité d'éthique, dans lequel on retrouve notamment le journaliste François de Closets... gageons qu'ils auront du boulot !