Accueil > juin 2010




De Rimini à Gooleness, sur ma terrasse...

Ayant rempli mon quota de fêtes scolaires pour le week-end, retour sur ma terrasse pour terminer un magnifique roman de Jacques Tournier.

Le traducteur de FS.Fitzgerald nous transporte dans l'Italie du XIII°s, pour une tragique histoire d'amour sur fond de guerre des Guelfes et des Gibelins. On y croise le jeune Dante et surtout la destinée de Beata "si belle à 20 ans..comme une vierge de vitrail".

Ce court roman achevé, direction Gooleness, petite station balnéaire surannée du nord de l'Angleterre; un couple en pleine explosion sur fond de passion obsessionnelle pour Tucker Crowe, ex-chanteur des eighties.. de la très bonne littérature pop et un Nick Hornby au mieux de sa forme.. allez, j'y retourne ! C'est par ici.

Barre haute

Inauguration en fanfare (avec accortes majorettes de Liévin) pour la 6ème édition de la "Faites de la chanson" : ce sain esprit amateur sans amateurisme a éclaté hier après-midi pour une inauguration toute en poésie loufoque et décalée.



Le coup de soleil et d'énergie se confirmait dans la soirée avec le set généreux et enthousiasmant de Clarika. Et des purs moments d'émotion comme cette chanson "Bien mérité".
La barre est haute après cette première journée mais les équipes de DiDouDa et les artistes sauront relever le défi.. à vous, public, d'être aussi au rendez-vous !

Je n'irai pas à la Halle Freyssinet demain

Adhérent du club Villepin, je partage avec lui la conviction qu'il faut en 2012 une alternative à la candidature de Nicolas Sarkozy et qu'elle doit nécessairement se situer en dehors du giron de l'UMP.

Mais je ne participerai pas au lancement de son mouvement demain à la Halle Freyssinet.

Pourquoi ?

D'abord pour des raisons d'agenda; j'ai passé une partie de la semaine en séminaire professionnel et je tiens à rester à Arras samedi, pour profiter de ma famille et assister aux différents rendez-vous de la "Faites de la chanson".

Mais pour des réserves de fond surtout.
Si les constats de Dominique de Villepin tombent juste et si sa critique est souvent pertinente, sa posture gaulliste ne suffit pas à définir une ligne politique.
Au delà, je continue à m'interroger sur les visées réelles de sa démarche : vraie volonté d'incarner une autre voie ou positionnement tactique lié au contexte judiciaire ?

Le passé n'éclaire pas positivement l'avenir, de la dissolution au CPE, en passant par Matignon où l'homme n'a pas toujours brillé par son sens du travail collectif et sa capacité à fédérer.

Il n'en reste pas moins que Dominique de Villepin a la dimension et le souffle pour créer un élan pour tous ceux qui, comme moi, sont orphelins d'une vision de la France, humaniste et tolérante, d'une République exemplaire et fraternelle.

Je suivrai donc avec attention l'évolution de ce nouveau parti et ses propositions, mais aussi celle d'autres acteurs qui peuvent encore jouer un rôle pour sortir d'un débat Sarkozy-Aubry dans lequel on voudrait déjà nous enfermer.

Après tout, il reste encore une vingtaine de mois avant l'heure du choix !

Quel avenir pour le théâtre d'Arras ?

Mes propos repris aujourd'hui dans La Voix du Nord m'amènent à repréciser ce que je pense de la situation de crise que traverse le théâtre d'Arras.

Je crois que l'animation d'une structure culturelle, fut-elle très professionnelle et avec des budgets conséquents, par une association a du sens.

Elle n'en reste pas moins une mécanique fragile qui repose sur la confiance et la bonne intelligence entre les différents acteurs : le directeur - choisi par les financeurs avec l'avis de l'association - est un professionnel à qui il faut laisser la liberté de développer son projet et d'animer l'équipe dont il s'entoure.
Contrepartie de cette autonomie d'action, le directeur doit impliquer le conseil d'administration composé d'usagers et de représentants des financeurs. Il doit valider régulièrement auprès d'eux qu'il est en phase avec la feuille de route, autrement dit le projet partagé par tous les acteurs.

La place de l'association, entre la légitimité des professionnels et le naturel regard des financeurs publics, est sans doute la plus difficile à définir.

Mais le jeu en vaut la chandelle !

Qui représente-t-elle ? Statutairement, les usagers. Concrètement, aujourd'hui, il s'agit de ceux qui viennent à l'assemblée générale et cotisent 1 euro.
Cela mérite d'être précisé et enrichi : on pourrait imaginer tout au long de l'année, que l'on soit abonné ou simple spectateur d'un soir, que soit remis avec le billet du spectacle une petite feuille d'explication sur l'existence de l'association et son rôle.

On pourrait imaginer que des moments particuliers de la vie du théâtre soient réservés à ces "usagers".
Le conseil d'administration sortant avait initié cette démarche en travaillant sur un règlement intérieur. Il faut poursuivre et sans doute s'interroger davantage sur le sens de ce vivre-ensemble plutôt que sur le juridisme des formes.

Car l'essentiel de la question est là : pourquoi s'engager dans l'association du théâtre d'Arras si ce n'est pour être le militant de la passion du théâtre, le défenseur acharné de la place et du rôle d'un théâtre dans la ville, théâtre public dont la vocation est si singulière dans un monde de la culture de plus en plus marchand.

J'ai souffert lors de la réunion de crise de la semaine dernière d'entendre autant parler de procédure et si peu du sens de cet engagement, de sa noblesse et de sa difficulté.

Un dernier mot : il est vrai que j'ai proposé en 2005 le passage en EPCC (établissement public de coopération culturelle), lorsque j'ai fait le choix (douloureux tant j'étais passionné par cette aventure) de démissionner de la présidence pour laisser à l'association plus d'autonomie et pour mettre la ville en conformité avec les règles de la comptabilité publique.

Je l'ai fait dans un contexte bien particulier où la solution qui était préconisée par les "gestionnaires" (y compris dans certains bureaux de la mairie) était une délégation de service public c'est à dire une privatisation et le choix d'une structure purement marchande qui n'aurait eu que peu d'égards pour les acteurs locaux (cf mon post précédent) et pour une action culturelle en profondeur nécessairement non rentable.

Cette ouverture a été rejetée. A-t-elle, ailleurs, donné de meilleurs résultats ? Pas forcément...

C'est pour cela que je crois plus que jamais à la nécessité de parvenir à cet équilibre intelligent entre les uns et les autres et j'espère sincèrement que toutes les énergies se mobiliseront lors de la réunion du 29 juin pour redéfinir un cadre serein pour partager ce rêve commun d'un lieu pas comme les autres !

Les Affranchis

"Entre toutes les familles du milieu
Les règles sont strictes et chacune a son territoire de jeu
Inutile pour un chanteur aphone de Noisy-le-Sec
De vouloir faire la nique aux voix surpuissantes du Québec
"

Pas facile de parler tous les ans d'un Festival unique en son genre, porté, qui plus est, par des amis... les paroles d'Alexis HK (opportunément programmé le 26 juin dans ce Festival) viennent à point : l'action culturelle a, elle aussi, ses territoires de jeu !

Je me reconnais pleinement dans celui défriché par Di Dou Da : croisement amateurs-professionnels, construction d'une communauté active plus que d'un public de consommateurs, émancipation humaine et sociale au travers d'ateliers et de pratique collective et rencontre avec des artistes généreux pour qui la salle n'est pas qu'un tiroir-caisse... tout y est !

En creux, on y devine tout ce qui me retient d'être complètement enthousiaste pour le Main Square (je sais, ce n'est pas politiquement correct), même si je me réjouis à l'avance de certaines découvertes, de La Roux à Gossip et de Something à la Mode à Florence and the Machine.

J'ajoute, dimension essentielle chez Di Dou Da, le rapport au territoire : je crois davantage à la force et à la pérennité d'un événement pensé et animé par des acteurs locaux qui s'ouvrent à toutes les influences extérieures (c'est peut-être de ce côté qu'il reste un peu de marge de manoeuvre) à celle d'une "Big Machine" clés en mains qui n'aurait aucun état d'âme s'il fallait déployer ailleurs son barnum pour faire plus de fric...