Des articles mêmement laudateurs dans la presse culturelle.
Deux écrivains qui comptent et que je connais mal.
Une question lancée à la cantonade sur Facebook (lequel lire ?) et restée sans réponse tranchée.

Il n'en fallait pas plus pour faire naître l'envie, un peu puérile et artificielle, d'organiser "le match" en lisant d'affilée deux des romans qui marquent ces dernières semaines.

"L'horizon" de Patrick Modiano, c'est d'abord une langue, ce phrasé si particulier et des thèmes récurrents : la fuite, les ombres, tour à tour vécues commes des menaces et des chances de vivre à l'abri de l'Histoire, cette Histoire qui obsède Modiano.
Et l'espoir aussi. Celui des quelques secondes lumineuses qui justifieraient tout le reste. On pense à Anouilh : "C'est reposant la tragédie. Parce qu'on sait qu'il n'y a plus l'espoir. Le sale espoir." Ici, l'espoir c'est celui de Bosmans de retrouver son amour de jeunesse, Margaret Le Coz. Et des souvenirs, sont-ils toujours exacts ?, qui valent plus que des réalités parce que la vie n'a que faire du temps.
Si le roman de Modiano est obsédant comme une chanson de Dominique A "Nous n'irons pas plus loin te dit le capitaine, Trop d'obstacles aujourd'hui pour gagner l'horizon", "Sévère" de Régis Jauffret est franchement fascinant.

On connaît le fait divers qui l'inspire, l'assassinat du banquier Stern par sa maîtresse dans un contexte sadomasochiste, mais on le dépasse très vite pour atteindre une vérité universelle, très présente aussi dans l'oeuvre de Jauffret : celle du rapport de force qui existe dans toute relation humaine.
Plus que l'histoire, c'est la langue limpide et précise qui embarque le lecteur.

Dans les Inrocks, Jauffret confie "Nous avons été gavés de livres qui parlaient du quotidien et du moi des écrivains."
Lui nous parle de personnages si lointains et pourtant tellement de nous... Fascinant !