J'ai laissé passer l'occasion de vous parler de choses et d'autres : désagréments à répétition avec la SNCF qui navrent le militant ferroviaire que je suis, campagne électorale régionale.. mais je n'ai observé que des querelles de places et d'egos pour l'instant et de tant de sujets qui n'ont pas plus tenu et adhéré que la neige qui revient nous visiter régulièrement cet hiver.

J'aurais pu vous parler de mon positionnement politique.. mais je suis de plus en plus circonspect.
Des vacances familiales au sport d'hiver ou de mon travail mais cela n'a pas vocation à vous intéresser.
Et quand j'aspire à partager avec vous des moments plus profonds et un peu d'universalité, c'est encore et toujours vers la littérature que je reviens.

Je viens donc vous parler des 3 derniers romans aimés, tous issus de l'emblématique "blanche" de Gallimard.

"Savoir-vivre" d'Hédi Kaddour est un roman sur les apparences, une histoire déroutante au coeur de la grande Histoire, celle de l'entre-deux-guerres, de l'improbable naissance d'un fascisme anglais.
Improbable comme la vie de ces femmes, belles et mystérieuses, au coeur des milieux politiques, artistiques et journalistiques. On se croirait chez Paul Morand, dans cette diplomatie raffinée et délétère qui va conduire à la débâcle.

Dans "Des corps en silence", Valentine Goby met en scène deux femmes qui, avec un siècle d'écart, refusent mêmement de faire taire leur corps. Avec une audace certaine, elle tisse les deux récits : l'une qui souffre d'être trahie et l'autre qui ne veut pas faire le deuil d'une vie "plus grande que ça"..comme elle l'avait rêvé, qui lutte contre l'angoisse atroce d'être finie.

"Une éducation libertine" est un formidable roman d'initiation dans le Paris de la fin XVIII°, une fresque en couleurs et en odeurs qui évoque "Le parfum" de Süskind.
Pour un premier roman, Jean-Baptiste Del Amo montre une maîtrise éblouissante de son histoire et de ses personnages. On se laisse embarquer dans ce voyage dans le temps, enivré par les plaisirs raffinés des libertins ou révulsé par la fange glauque dans laquelle il nous fait patauger. A lire absolument !