Soit une ville de 44.000 habitants rayonnant sur un bassin d'environ 100.000 habitants, une ville pas si riche qu'elle en a l'air avec un potentiel fiscal par habitant bien inférieur à Béthune ou Dunkerque par exemple.

Une ville pourtant, où les habitants se voient proposer ce soir simultanément Anne Roumanoff au Casino et un concert de Wilhelm Latchoumia dans la salle des concerts.

Et alors, me direz-vous ? Il y en a pour tous les goûts, on va pas se plaindre pour une fois qu'il y a le choix, etc... D'accord.. MAIS.. d'un côté le producteur de l'artiste "Vu à la télé" va se remplir les poches avec deux séances (oui elle joue aussi à 15h) complètes depuis longtemps soit 2 fois 1000 places au modique tarif de 38 euros pièce. Et ce, avec le relais de la presse locale et, plus grave, de la communication de la Ville.

Et de l'autre, un jeune artiste généreux, des compositeurs contemporains à découvrir, Henry Cowel, Pierre Jodlowski et une création mondiale de Colin Roche pour piano et musique électronique.
Pour un tarif de 11 à 17 euros. Ce n'est pas plein évidemment..

Elitisme contre spectacle populaire, soirée rigolade contre emmerdement assuré, se gausseront les esprits forts ...

Oui, on peut poser le débat comme ça.

Ou alors comme ça : mission du service public de la culture d'éveiller la curiosité, de surprendre, de faire découvrir, de faire jouer de jeunes compositeurs vivants face à la machine commerciale télévisuelle qui fait et défait ce qu'il faut voir, entendre.. penser ?
Et des spectateurs qui, contexte économique oblige, ayant déjà mis 38 euros ce soir, ne mettront sans doute pas les pieds au théâtre de sitôt.

Comment elle dit déjà : on ne nous dit pas tout ?