C'est étrange comme elle résonne en moi depuis ce matin cette phrase de Lionel Jospin.

A l'oreille, déjà, je l'ai trouvée très jolie cette réponse au journaliste de France Inter qui voulait savoir ce que serait le PS d'aujourd'hui s'il avait pris le virage du réalisme économique proposé par Rocard en 1979.
"La vie ne prend qu'un chemin, et il n'est pas possible de savoir à quoi auraient mené les autres chemins possibles" a donc répondu Jospin.

C'était quelques minutes avant l'émouvant hommage de Serge Moati à Philippe Séguin et cette affirmation aussi amicale que politique :
"Quel formidable Président de la République il aurait fait !".. je l'ai cru aussi et cela a même fondé mes premiers engagements au RAP (rassemblement pour une autre politique) au début des années 90.. et j'ai compris en 1999 que l'homme était trop entier, trop pur, incapable des indispensables concessions pour suivre ce chemin.
J'ai connu au RPR quelques démonstrations de son "fort caractère", j'ai partagé avec lui une ou deux discussions passionnées sur le foot, sur lequel il était incollable. Il reste celui que j'ai admiré, pour son éloquence, sa haute idée de la politique et de la République.. comme Moati je n'ai jamais cessé de penser que ses qualités morales et intellectuelles feraient de lui le meilleur des Présidents de la République mais.."la vie ne prend qu'un chemin" et ce n'était pas le sien.

Avant-hier, alors que je tentais de me réchauffer dans le Relay de la gare Lille Europe en attendant un TER en retard, j'ai trouvé fort opportunément le dernier roman de Véronique Olmi que ma convalescence (oui j'ai quand même attrapé froid..) me permet de lire aussitôt.
Cette auteur dont j'apprécie la finesse et la sensibilité, développe justement l'idée contraire dans "Le premier amour" - 4ème de couverture : "En chacun d'entre nous repose peut-être, tapie sous l'apparente quiétude quotidienne, la possibilité d'être un jour requis par son premier amour..."

Chemins de traverse ? Retours en arrière ? Finalement, même avec un seul chemin, il y a tant à vivre !