Guillaume m'envoie un texte intéressant du blogueur T.Crouzet à propos de Quitterie Delmas, égérie des blogs pro-Bayrou.. et même des autres, pendant la campagne présidentielle. J'ai partagé plusieurs déjeuners avec elle et je retrouve ensemble le côté touchant et les limites de son idéalisme.

Je crois à sa sincérité y compris dans ses doutes et ses erreurs et il est suffisamment rare en politique de refuser honneurs et prébendes pour porter intérêt à ce qu'elle dit.

Tout autre est le magnifique texte d'Eric-Emmanuel Schmitt "Le flou émollient du Dimanche matin" dans le JDD.. à relire tous les Dimanche soirs !

Je vous le recopie ici : " Le dimanche, à la différence des autres jours de la semaine, est un jour qui ne commence pas d'une manière nette. Aucun réveille-matin ne l'inaugure, le long sommeil parsemé de rêves successifs rend son début incertain, le silence de la ville entoure mon corps d'un flou émollient. Avec la mode du brunch, je perds davantage de repères. Chaque dimanche, cinquante-deux fois par an, lorsque je regarde ma montre, je me demande, déconcerté, par cette étrangère inconhérente, si nous ne sommes pas un de ces deux dimanches où l'on change d'heure. La suite manque également de formes précises : promenades, lectures, séances de cinéma, rencontres amicales, toutes les activités dominicales se nimbent d'évasion, invitent à la méditation. Seul le dimanche soir a de la consistance; douloureux, distillant sa propre nostalgie, il sonne son glas et me serre la gorge : il précède le lundi matin. Bref, le dimanche est un jour qui commence confus mais finit brutalement. Comme la vie elle-même ? "

Au rayon des lectures plus traditionnelles, avoir relu avec délectation "Vingt ans après" de Dumas (conseil avisé de Matzneff) m'a donné envie de creuser la période et d'entamer une fascinante biographie de Mazarin.