Feu et lumières, c'et le titre de l'exposition Bonaparte et l'Egypte inaugurée en grandes pompes ce vendredi au musée d'Arras.

La plus belle exposition jamais vue à Arras si j'en crois le discours du Maire..
Si la "beauté" est évidemment une notion subjective (Les expositions d'Ousmane Sow ou "Rubens contre Poussin", dans un passé récent, ont aussi donné à voir des oeuvres uniques), c'est assurément les plus grands moyens de communication jamais déployés pour un événement culturel à Arras.. à croire d'ailleurs que c'est la communication qui fait l'événement, plutôt que la confrontation artistique.. ou le travail des équipes du musée et des services techniques tristement oubliées dans les discours de circonstance.

Contraste saisissant en tout cas avec un autre rendez-vous, le lendemain, à l'école supérieure des métiers d'art, pour la remise des diplômes des étudiants de dernière année.
Ambiance de veillée funèbre dans un outil qui vient juste d'être magnifiquement rénové, sentiment de gâchis immense comme l'a dit Bernard Quandalle, pilier infatigable du projet qui déplora avec la poignée d'irréductibles attachés à l'école que des réflexes à courte vue (c'est de l'argent qui ne va pas dans nos communes mais à des étudiants qui ne sont même pas d'Arras !!) aient conduit à une décision aussi rapide que brutale. Et qui n'est pas sans paradoxe : ces communes qui réclament l'argent pour rénover leurs églises ou leurs bâtiments communaux, où trouveront-elles demain les sculpteurs ou les spécialistes du vitrail dont la formation arrageoise était reconnue dans la France entière.

Comment enfin ne pas s'interroger dans cet étrange face à face : une part des millions dépensés dans ce qui reste une exposition temporaire n'auraient-ils pas trouvé un emploi utile pour sauver une formation qui rayonne sur le territoire et offre des perspectives à de jeunes artistes bien vivants.. tout est-il perdu ?
Quelques optimistes pensent encore pouvoir sauver la formation au vitrail en l'adossant à l'université via une licence professionnelle.

Ce serait un beau symbole, en octobre, quand fermera l'exposition Bonaparte de voir une partie de cette école pérennisée !