Tradition du salon du livre d'expression populaire et de critique sociale à Arras, un moment militant, revendicatif tout en étant festif et culturel.

Trouvé quelques trésors chez les bouquinistes (une bio de Tourguéniev par A.Maurois, Les romans libertins du XVIII° en collection Bouquins et les "Lana Caprina" de Casanova chez Allia).
Trouvé aussi le traditionnel "esprit éclairé" qui m'interpelle : et alors, qu'est-ce que vous faites-là, vous l'UMP, dans un salon du livre de gauche... pauvre imbécile !

Outre que j'ai soutenu la naissance de cette manifestation pour son utilité culturelle, rien ne m'exaspére plus que d'être réduit à une étiquette collective; je n'ai pas l'esprit de parti..encore moins de fans-clubs qu'ils deviennent, cela m'a sans doute manqué, mais ce n'est pas aujourd'hui que ça me viendra !

Et puis, faut-il mal me connaître pour croire que je suis en tout point en phase avec ce qui se passe aujourd'hui, que je souscris aux attaques répétées contre ceux qui pensent, chercheurs, universitaires, artistes, praticiens hospitaliers.. sans parler de la Princesse de Clèves et de la langue française régulièrement martyrisée.(Si y'en a que ça les démange d'augmenter les impôts - Ceux qui ont fait des études, on se demande c'est à quoi ça leur a servi - ..)

Oui, comme Mona Cholet je crois que le Président de la République incarne parfaitement une tendance lourde d'une société évoluant vers une sorte d'individualisme absolu, une "société casino" dans laquelle il n'y a plus aucun projet commun, dans laquelle il ne reste plus que des individus qui tentent leur chance. C'est une sorte de grande loterie. Et ça, ça ne peut pas faire une société viable. Comme l'avait bien anticipé Pasolini, cette société repose sur la télévision et la consommation. La télévision est une manière d'éradiquer complètement la culture propre des gens et de la remplacer par un imaginaire uniformisé. L'imaginaire sarkozyste propose aux électeurs de s'identifier au personnage de Sarkozy comme incarnation de la réussite et non comme représentant de la nation.

Oui, je me sens plus proche d'un Francis Marmande, chroniqueur culture du Monde qui affirme : L'inutile, l'art comme la musique, permet non seulement à la vie d'être plus vivable que la vie, mais l'inutilité de la littérature, décisive, pourrait à bon droit être tenue pour la condition vitale des sociétés.