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Vers la littérature

Quinze jours déjà sans que je ne sois venu visiter mon blog.

Accaparé par mon évolution professionnelle bien sûr.
Mais aussi plongé depuis samedi dernier les Cahiers noirs 2007-2008 de G.Matzneff.

La file d'attente au bord du lit était pourtant déjà conséquente : Coetzee, Larbaud, Adrien Goetz patientent depuis des semaines..

Ma librairie arrageoise qui me fait de l'oeil, j'entre sans intention d'acheter si ce n'est peut-être la confession d'Alain Juppé... et je trouve et préfère Les Carnets. Depuis une semaine je me délecte de la langue et de l'érudition de Gab la Rafale.

Signe de mon basculement définitif de la politique vers la littérature ?

Où vont les vaisseaux maudits ?

J'ai parlé de lui plusieurs fois ici.

Pratiquement pas un jour où je n'écoute Fantaisie militaire ou Bleu pétrole.

J'ai vu l'un de ses derniers concerts à l'Elysée Montmartre, qu'il terminait par Angora.

Salut l'artiste, tu vas nous manquer !

Si j'étais...

député, je ne voterais pas la censure du gouvernement mardi prochain, mais je ne m'en interrogerais pas moins, avec Alain Juppé sur l'opportunité de franchir le dernier pas de réintégration dans l'OTAN. J'espèrerais des avancées de la défense européenne et je me demanderais toujours si ce dernier pas franchi ne nous aurait pas automatiquement conduit à suivre les américains en Irak.

maire d'Arras, je serais en colère du choix du FN de retenir Arras pour tenir sa convention, mais tout autant en colère contre ceux qui font de la basse récupération politicienne à ce sujet. Comme Jean-Marie Vanlerenberghe, mon comportement à l'égard de ce parti n'a jamais connu la moindre ambiguité; j'ai dit clairement que j'étais leur adversaire aux législatives de 2002, perdant ainsi des centaines de voix. Mais que les choses soient claires : tant que ce parti est légalement autorisé, et il l'est jusqu'à preuve du contraire, il n'y aucune raison de lui refuser l'accès d'une salle municipale. Le seul combat efficace contre le FN, c'est celui des idées et des élections, le reste n'est qu'agitation démagogique et indignation à deux sous.

Jacques Séguéla, je me regarderais dans un miroir en me demandant, dans un éclair de lucidité, comment je peux être aussi con d'affirmer que la réussite d'une vie tient dans la valeur d'une montre. Personnellement je n'ai pas de montre.. et surtout pas les mêmes critères d'une vie réussie.

Ainsi, en n'étant que moi, je passe une semaine de rêve, moment de transition entre deux métiers, qui me permet de profiter de ma famille, de me promener en vélo dans la campagne arrageoise, de lire Les Gogols de Xavier Tresvaux, cadeau de mes amis pour mon départ, de voir le dernier Clint Eastwood, Gran Torino, un plaidoyer sensible et intelligent pour la tolérance et l'ouverture à l'Autre.

Que demander de plus ?

Chronique des derniers jours

Derniers jours de ma vie de cabinet ministériel..

Il y a eu beaucoup d'amitié, de rires, de promesses de se revoir, de "tu nous laisses tes coordonnées".. rites d'une micro-société dans laquelle je devine déjà ceux qui dépasseront la distance géographique, l'éloignement du cercle commun pour garder une authentique relation.

Il y a eu aussi les beaux moments à l'extérieur : l'élégance ultime d'un Bashung plus grand et plus émouvant que jamais, une longue marche sur la plage du Touquet, un brouillard à ne pas même deviner la mer qui rugit près de nous, un soleil d'hiver qui s'épuise à nous éclairer et à nous réchauffer, une place de Stella-Plage digne d'un décor des frères Coen, la joie de retrouver la dune des vacances de mon enfance.

Il y a eu enfin Le noir est une couleur de Grisélidis Réal, un livre rare, dérangeant, bouleversant, noir mais tellement chargé d'espoir et d'envie de vivre.