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Spectacles vivants

En fait, pas très vivant, mercredi soir au stade de France où j'ai vu une France solide battre chichement une équipe anglaise peu inspirée malgré le génie encore visible par éclairs de Beckham.
Pour les frissons, il fallait plutôt regarder la tribune anglaise toujours fervente et chaque accélération d'Anelka qui n'a pas d'égal pour mettre le feu à Saint-Denis...

Des émotions, il y en aura ce soir, avec le retour sur une scène arrageoise de mon ami Christian Camerlynck : l'homme est profond et sensible et l'artiste occupe toute la scène de sa générosité toute flamande, avec son inégalable complice Jean-Paul Roseau au piano.
C'est à 20h30 au Casino d'Arras, à l'invitation conjointe du Rotary et de Di Dou Da.. s'il reste des places, courez les acheter..sinon, vous aurez loupé un moment unique !

Peau neuve

Est-ce l'effet du printemps ou de Pâques ?

Ou plus sûrement les bienfaits d'un week-end dans "ma" ville d'adoption, l'austère cité de brique et de baroque, mère d'Ensor et d'Arno, où je me sens comme nulle part ailleurs chez moi.. même sous la tempête de neige quand elle balaie la plage d'Ostende.

En tout cas, je sens démarrer avec plaisir un nouveau cycle...

Dépassée la séquence nationale "déroute électorale - commentaires (qui m'ont souvent rendu perplexe) - remaniement".. au boulot, avec des textes essentiels (réforme portuaire, Grenelle de l'environnement pour moi) et réflexions politiques devant nous : quid du Sénat en septembre, de la réforme des institutions, des réformes indispensables du cumul des mandats ou du mode d'élection (je deviens de plus en plus favorable à la généralisation des scrutins à un tour pour toutes les élections, uninominales majoritaires comme scrutins de liste à la proportionnelle)

Oubliées les petites et grandes déceptions du début de mandat municipal : devoir quitter la culture au nom d'une égalité entre adjoints.. principe un peu tordu pour certains élus plus "ego" que d'autres.. place là aussi à l'action, à la présence sur d'autres terrains jusqu'alors peu investis car la vie culturelle est chronophage.

Digérées d'intéressantes lectures : Coetzee encore, une pièce sensible de Valetti qui mêle deux de mes passions : football et théâtre (merci Stéphane !), l'acide Léotard.

Bref beaucoup d'appétit pour les semaines qui viennent, et trop peu de temps pour tous les sujets qui me titillent en ce moment, mais j'y reviendrai !

Quant au mois de Mars, je le dis (avec Desproges) sans aucune arrière pensée politique, ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver.

Liberté

C'est désormais officiel : à la demande du maire, je ne serai plus adjoint à la culture mais chargé des finances et de l'administration électronique. Un nouveau défi à relever, un mélange de rigueur (pour les finances), d'inventivité (je demeure le seul élu municipal blogueur) et de réseaux à constituer dans cette nouvelle responsabilité.

Une réorganisation qui me donne un sentiment de liberté recouvrée, tant en termes d'agenda qu'au niveau de l'expression politique, que j'entends exercer avec loyauté mais vigilance.

Pour partager par exemple la colère de Grégory Vandaele, directeur adjoint du Théâtre. Et dire mes inquiètudes sur l'avenir de celui-ci, coincé entre la débauche commerciale organisée autour de la Grand-Place et les promesses populistes de spectacles "plus proches de l'attente des gens", bref le choix entre la Star'Ac ou Christophe Willem, loin des missions de découverte et d'éducation populaire dévolues au service public.

Ou pour analyser la nouvelle donne politique à la lumière des grands anciens :
"La manifestation du pouvoir qui impressionne le plus est la retenue" disait déjàThucydide il y a plus de 2000 ans..
Tout le monde n'a pas dû le lire au sein de notre équipe municipale...

Hier soir, "Chez Leprest"..

Bouleversant ? Généreux ? Funambule, fragile comme la vie, chancelant comme son coeur, énorme, qui bat dans chacun de ses mots ? Comment parler de Leprest en concert ?

Il faudrait ses mots à lui, dire simplement comment "il pleut sur la mer, quand les nuages indiens vident leur carquois et que c'est l'été comanche sur la Manche", parler pour les humbles et les trop sensibles, réciter le "Je ne te salue pas" de ce prêtre défroqué.. ou plutôt, ne rien dire et se laisser entraîner dans une dernière "Valse pour rien".

C'était hier soir, au Bataclan, un de ces moments uniques qui vous aident à vivre debout pour des années.
Le plus humain des artistes et le plus poète des hommes, entouré des amis de Chez Leprest et du vieux complice Romain Didier.

Frustrés et déçus d'avoir raté ça ? On annonce une séance de rattrapage en Avril à l'Européen.. et peut-être des surprises à Arras cet été, amis Jean-Jacques et Christian ?

Un résultat qui nous oblige

Une soirée de douce satisfaction, une journée à collationner les résultats des amis parlementaires.. et enfin cinq minutes pour revenir avec un peu de recul sur notre victoire aux municipales d'Arras.

Bien sûr le sentiment de plaisir et la reconnaissance envers les Arrageois sont encore là.

Mais il faut aussi se garder de toute espèce de triomphalisme. Pour deux raisons majeures :

- La première c'est qu'il ne s'agit évidemment pas d'un blanc-seing donné à notre équipe, mais un soutien qui nous engage à continuer d'oeuvrer, dans la proximité, en faisant passer avant tout le service des habitants

- La deuxième est plus arithmétique : quand on compare finement les résultats avec ceux de 2001, on se rend compte que le principal écart n'est pas lié à notre progression (+ 80 voix) mais à l'effondrement du PS (- 473 voix).. une leçon à ne pas perdre de vue et à garder à l'esprit pour les prochains scrutins ou les ambitions trop vite déclarées...

Le manitoba ne répond plus

C'est marrant ce titre de BD de ma jeunesse ( "Un savant fou a mis au point un appareil permettant de stopper les moteurs de bateaux et d'endormir les passagers pour les voler afin de financer ses inventions" dit Wikipédia) qui revient pour évoquer les sentiments de fin de campagne, ces derniers jours où l'on s'agite tout en sentant que les choses deviennent vaines: les choix se cristallisent, demain et samedi nous croiserons des regards amicaux, nous recevrons même des encouragements mais avec le sentiment que cela ne nous appartient plus vraiment, qu'il faut maintenant entrer dans le rituel d'un long Dimanche, avec ses premiers électeurs dès l'ouverture des bureaux de vote, la queue aux isoloirs qui succède à de longues minutes de calme, voire d'ennui, cette ambiance si particulière décrite par Italo Calvino dans La journée d'un scrutateur ..

Avant d'entrer dans cette longue journée jusqu'au dénouement, dernières impressions d'une campagne où l'accueil des habitants a été excellent dans le porte à porte, les propositions de nos adversaires assez décevantes, sauf pour les Verts qui ont distribué un programme dense et très clairement présenté.
Incertitudes nationales sur l'ampleur du mécontentement, la réalité de sa traduction dans les urnes, les leçons politiques qui en seront tirées.

C'est aussi le charme de la vie politique que ces moments qui précèdent les quelques heures où "le manitoba ne répondra plus".