Accueil > février 2008




Se souvenir et faire se souvenir..

.. telle est la vocation de l'artiste, affirme Sébastien Lapaque dans Le Figaro littéraire cette semaine.

Annie Ernaux s'y emploie à merveille dans Les années, itinéraire d'une femme née en 1940, qui cerne l'intime pour mieux toucher l'universel, roman d'une vie qui fait écho à nos propres parcours, éclairé par une douce mélancolie, une lumière personnelle dont parle S.Lapaque plus loin :

Pour ceux - et ils sont rares - qui ne confondent pas la littérature avec son objet et ne demandent jamais : "qu'est-ce que ça raconte ?" lorsqu'on leur parle d'un livre, la couleur et la lumière sont les seuls choix de l'artiste qui vaillent d'être discutés.

A lire absolument !

La folie ch'ti

Lens en finale de la coupe de la Ligue, "Bienvenue chez les ch'tis" qui cartonne jusqu'à Marseille, l'identité régionale est à la fête ces jours-ci !

Au-delà du besoin d'un ancrage rassurant face à une mondialisation qui inquiète, la revendication du patriotisme ch'ti c'est aussi une revanche sur tous les clichés négatifs trop longtemps véhiculés et surtout, une affirmation de nos valeurs : simplicité, générosité, goût de l'effort comme de la fête.. des valeurs universelles, quoi !

Les notables de la politique

"La démocratie, c'est la liberté d'expression pour tout le monde, pas seulement pour les notables de la politique."

C'est la pauvre réponse de Guaino après les polémiques à répétition déclenchées par les propos à tort et à travers des conseillers du Président de la République.

Au fait, Guaino, c'est bien le même qui s'était pris une tôle mémorable aux municipales dans le V° arrondissement de Paris ? Pas si facile de devenir un notable, hein Henri ?

Trois chemins vers l'ailleurs


Trois livres accompagnent mes (trop rares) moments de liberté, mes (trop fréquents) moments de solitude à Paris et tous les intervalles, déplacements et temps morts, propices à l'évasion.

En attendant les Barbares de JM.Coetzee est ma lecture du soir, une réflexion sombre et violente sur la nécessité, pour tout pouvoir contraignant, d'inventer des ennemis (les "barbares") pour mieux imposer son joug.
Le seul homme de bien, un magistrat, n'a que ses faiblesses et ses doutes à opposer à la froide détermination du pouvoir.
Echo atemporel et universel à l'Afrique du Sud de l'auteur et triste certitude de n'avoir comme issue, face au malheur qui s'abat toujours automatiquement, que l'aptitude de l'homme à se libérer.

Parades de Bernard Souviraa m'accompagne sur les trajets entre Arras et Paris, chronique triste et douce de 2 jeunes provinciaux qui montent à Paris dans les années 80 pour vivre leur passion du théâtre et s'embourbent dans la confusion des sentiments et la difficulté d'être soi.

Des hommes d'Etat est un témoignage agréable et facile à lire, dans le métro ou en déplacement sous l'oeil du Ministre.
L'auteur a été directeur de cabinet du Premier Ministre et fait revivre de l'intérieur le quotidien de la machine institutionnelle et politique. J'y retrouve évidemment beaucoup d'échos de mon propre quotidien mais aussi un recul intéressant sur le pouvoir, sur la vie, familiale, culturelle, qui s'écoule à côté.. avec des formules convaincantes comme celle-ci : " Tout l'exercice du pouvoir est là : on voudrait être ailleurs et on ne peut pas. Ou, ce qui revient au même, on pourrait, mais on ne veut pas suffisamment être ailleurs."

En réponse à Loga..

je persiste et je signe, oui, la liste emmenée par Jean-Marie Vanlerenberghe est représentative de la diversité arrageoise !

Et la jeunesse, demandez-vous ? 20% des colistiers ont moins de 35 ans.. et même à 40, on se sent encore jeune..
La cohérence ? Elle se fait sur le projet et sur une vision partagée d'Arras et du service de ses habitants.. et moi, ancien secrétaire départemental du RPR, je me sens parfaitement à l'aise dans cette volonté de laisser les étiquettes au vestiaire pour faire passer les arrageois d'abord !

Au PS, on sait pour qui l'on vote, dites-vous ? Là, c'est vrai, je vous rejoins : vous votez pour ceux qui n'ont pas supporté qu'on leur prenne "leur" beffroi, chasse gardée du PS, et qui veulent la revanche de 1995... Et aussi, pour faire du beffroi une antenne du Conseil général (regardez bien la liste..)

Quant aux successions sur mesure, elles ne sont pas d'actualité, et ma petite histoire politique m'a appris une chose : le destin des dauphins, c'est de finir sur le sable.. regardez encore une fois ce qui s'est passé en 1995 !

Dans le viseur

Une nouvelle fois, Incarnat vise juste avec l'exposition d'Eric Pillot , son regard mélancolique sur les zoos, interrogation philosophique sur le rapport liberté/protection, sa tendresse et son empathie avec la solitude des animaux, qui n'est pas sans échos avec notre condition humaine..
Après les discours, un partage riche et chaleureux avec un être d'une grande sensibilité.. au fond, lui derrière son objectif, moi au côté de grands décideurs, n'avons-nous pas décidé de vivre le monde au travers de prismes, pour le rendre plus acceptable ?

Samedi matin, autre exercice, nous sommes face à la presse pour présenter notre liste.. elle me paraît équilibrée, représentative de la diversité arrageoise même si l'exercice de renouvellement aurait pu être poussé plus loin selon moi..
En face, la liste d'Alain Fauquet, où je compte de nombreuses bonnes relations, me paraît plus classique, à forte ossature du Conseil général.. et majoritairement composée de fonctionnaires.. comme le dit notre nouveau colistier Jacques Patris, le projet principal semble être la nécessité de faire revenir la ville dans le giron du PS..

Pataquès à Neuilly.. David Martinon vient de lâcher prise.. je n'aime pas tirer sur les ambulances.. mais franchement, tout ça pour ça !!??
Voici des années que je connaîs Arnaud Teullé, fidèle et actif sur le terrain, organisateur exemplaire..si on avait interrogé ceux qui militent au quotidien, nul doute qu'il serait déjà en campagne depuis un moment.. mais c'est vrai qu'écouter les sans-grades qui bossent sur le terrain, ce serait tellement trop simple..

Bonobos, Obama et bon sens Sarthois..

Pour faire mentir l'un de mes derniers posts, quelques instantanés de la vie politique nationale..

Les bonobos, nouvelle tribu dont je viens d'apprendre l'existence, seraient l'assurance-vie d'Alain Juppé à Bordeaux : si, comme c'est annoncé dans les sondages, il résiste mieux que les autres pour les prochaines municipales, c'est que Bordeaux serait peuplée de Bonobos (Bourgeois non bohêmes) plutôt que de bobos... j'ai plutôt tendance à penser que l'énorme travail réalisé à Bordeaux et peut-être, le petit sentiment de culpabilité des Bordelais d'avoir privé le Gouvernement d'un homme de sa stature, expliquent les prévisions de victoire dès le premier tour.

En ce "super Tuesday", il est intéressant de voir la majorité de la classe politique française et notamment de droite, marquer sa préférence pour Barack Obama.. au fond, mon sentiment n'est pas très différent : les Républicains, c'est encore pire qu'une certaine droite française et entre le retour des Clinton et ce nouveau visage charismatique, qui illustre l'égalité des chances et peut-être le retour du rêve américain, le choix est assez basique...

Les députés aiment bien les valeurs stables, surtout à l'approche d'échéances électorales.. c'est ce qui a valu hier, lors de la réunion de groupe UMP, les premières audaces (la presse en est pleine..) dénoncant le rôle des conseillers de l'Elysée et surtout la popularité sans cesse croissante du Premier Ministre, valeur-refuge d'une majorité inquiète.
La question que celui-ci doit se poser, armé du bon sens Sarthois qu'il revendique, c'est comment gérer un écart de popularité si net et si durable avec le Président...

Deux claques, oui !!

Caméras, garde à vue, contrôle d'alcoolémie, rien n'a été laissé au hasard pour cerner le professeur auteur d'une regrettable gifle sur un élève.

Mais, au fait, un élève de 6ème qui traite son prof de connard, ça ne choque même plus personne ?

Si c'était le mien de gamin, qui n'est pas parfait, il les aurait pris en rentrant à la maison les 2 claques... je dois être réac sans doute, enfin au moins je sais pourquoi je suis de droite...

En panne..

Bien sûr, il y a le rythme de dingue, la fin de session parlementaire, les dossiers "stratégiques", forcément urgents, qui s'accumulent avant les municipales.. à régler impérativement sous peine de faire perdre tel ou tel de nos candidats.

Mais tout ça ne suffit pas à expliquer cet (apparent) paradoxe : alors que je n'ai sans doute jamais vu passer autant d'infos, partagé autant de conversations et repas avec journalistes, voix politiques qui comptent, sondeurs.. je n'arrive pas à en tirer une ligne pour ce blog.

Empêchement professionnel bien sûr, devoir de réserve oblige, mais aussi problème de temporalité : combien d'infos croustillantes sont périmées dans l'heure et se prêtent plus au partage oral qu'à l'écrit..
Pour le reste, à quoi sert par exemple d'écrire ce que tous les journaux prévoient : la bérézina, petite ou grande (ça reste la seule question) qui se prépare aux municipales.. la reconquête improbable de grands bastions, la défaite assurée dans d'autres..

Arras semble à l'écart de cette morosité nationale, pour l'instant, mais les semaines qui viennent peuvent toujours me démentir..

Allez, pour finir par une note plus gaie, quelques lignes de l'hilarant Franz Bartelt que je viens de terminer :

Le contexte : Un spectacle de théâtre municipal vient d'être annulé..

" C'est un malheur ! dit le maire.
- Un malheur ", reprirent les adjoints en hochant la tête, hochement entendu, auquel l'adjoint en charge de la culture ajouta un froncement de sourcils destiné à marquer qu'il était préoccupé.
Les adjoints en charge de la culture sont toujours préoccupés. La culture est préoccupante. Dès qu'on aborde l'essentiel et l'identitaire, le souci pointe son museau aristotélicien.
"Voilà comment le plaisir intellectuel longuement attendu fait faux bond à ses disciples fidèles au rendez-vous du savoir et de la connaissance ! dit d'une seule traite le président du conseil général en imprimant au verre qu'il tenait par le pied un mouvement giratoire si régulier qu'il trahissait une pratique assidue de la convivialité."

On s'y croirait.. surtout pour le président du conseil général -))