A ceux qui parfois s'interrogent, voire s'agacent de mon obstination à mêler littérature et politique sur ce blog, je ne peux que conseiller la lecture du magnifique texte de Régis Debray, dans le Monde daté du 11 janvier "La belle vie des morts".

Debray y interroge le relatif silence (recherché par l'auteur) entourant la mort de Julien Gracq et les emballements médiatiques qui touchent y compris la sphère politique de manière de plus en plus trépidante.

Je le cite : "Qui sera le plus fantomatique en 2108 ? L'omniprésent du jour ou l'hyperabsent d'hier ? Le premier vit dans la prunelle de millions d'éberlués et s'éclipsera avec eux. Le second hantera longtemps encore l'imaginaire de 10.000 liseurs, puisque tel est, en France, l'effectif mystérieusement stable des envoûtés du style."

Comment dire mieux ce que m'apporte la littérature par rapport à la politique.. ou comme disait à peu près Cioran (je ne suis plus certain de la citation exacte) "Qu'importe l'avenir, cette moitié du temps, pour qui raffole d'éternité ?"