"Eduquer, c'est inscrire dans des configurations sociales qui donnent du sens à l'attente et permettent d'entrevoir, dans les frustrations inévitables, des promesses de satisfactions futures" nous rappelle le pédagogue Philippe Meirieu dans un article paru dans Le Monde daté de ce vendredi 23.

La publicité court-circuite toute réflexion et exalte le passage à l'acte immédiat. La télévision zappe plus vite que les téléspectateurs pour les scotcher à l'écran et les empêcher de passer sur une autre chaîne. Le téléphone portable réduit les relations humaines à la gestion de l'injonction immédiate. Tout susurre à l'oreille des enfants et adolescents " Maintenant, tout de suite, à n'importe quel prix..."

Face à ce constat, Meirieu nous interroge sur la crise de l'éducation : Peut-on continuer à traiter l'enfant comme un prescripteur d'achat ? Ne faut-il pas prendre au sérieux la question des médias en faisant valoir que leur liberté d'expression s'exerce dans une démocratie et doit s'accompagner d'un devoir d'éducation ? Ne faut-il pas repenser la gestion du temps de l'enfance en relâchant, au moins partiellement, la pression évaluative ? Ne faut-il pas mettre en place une relance de l'éducation populaire pour faire pièce à la frénésie consommatrice en matière de loisirs et de culture ? Ne faut-il pas, enfin, faire du soutien à la parentalité une priorité politique, en cessant de considérer les parents en difficulté comme des délinquants ou des malades mentaux ?

De vraies questions au niveau d'un débat présidentiel..

Le temps encore, invoqué par les libraires indépendants, pour expliquer leurs difficultés croissantes alors que s'ouvre le salon du livre de Paris : les plus grosses chutes viennent des "gros lecteurs" (au moins un livre par mois) dont le temps disponible se réduit, entre télé, internet, téléphone...

Un qui a fait son temps, c'est Raymond Barre, comme le souligne François Léotard dans Tribune juive : Il aurait pu dire qu'il s'était trompé en parlant de "Français innocents" de la rue de Copernic. Il aurait pu dire qu'on ne fait pas "fonctionner" la France à coup de cadavres. Il aurait pu dire que Manouchian, Grzywacz, Fingerweig, c'étaient sans doute des noms "difficiles à prononcer". Mais que ces noms-là, des "terroristes", avaient honoré la France au moment où monsieur Papon la déshonorait. Il ne l'a pas dit. Dommage pour la France.

Donner du temps aux malades du Sida pour se soigner, pour vivre, c'est aussi l'enjeu du Sidaction ce week-end.