Par un de ces hasards dont la vie est féconde, au jour où Lucie Aubrac disparaît, France 2 diffuse ce soir un documentaire sur la traque de l'Affiche rouge, qui montre comment des policiers français démantelèrent le réseau Manouchian de la Main d'oeuvre ouvrière immigrée et tentèrent de discréditer la Résistance en placardant cette Affiche rouge qui signifiait "ce sont toujours les étrangers qui les commandent, ce sont toujours des juifs qui les inspirent, c'est l'armée du crime contre la France".

Aragon les réhabilitera 11 ans plus tard, chanté par Ferré, Escudero, Bertin et tant d'autres et le frisson est toujours le même quand j'entends ce dernier couplet :

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant