François Bayrou a incontestablement su profiter de la volonté des Français de ne pas se laisser enfermer dans un match joué d'avance, résumé par le "Sarkolène".

Ses propos clairs, ses prises de position en pointe sur de thèmes peu abordés (la dette, la culture,..) ont séduit ceux qui attendent que la campagne fasse primer la vérité sur la machine à promesses.

Il bénéficie d'une vraie audience sur le Net, avec des soutiens dynamiques et influents comme l'hebdo Marianne, Christophe Ginisty ou Quitterie Delmas (liens ci-contre).

Et pourtant...

Comment ne pas réaliser que tout cela va se dégonfler prochainement, comme l'analyse brillamment dans Profession Politique Pierre-Marie Vidal dont je cite quelques extraits :

" Faut-il rappeler qu’en 2002, le président du front national avait devancé François BAYROU de dix points (2,85 millions de voix) ? Dans un paysage politique qui s’est largement "droitisé" depuis, qui peut croire à un effondrement de Jean-Marie LE PEN ? Imaginons pourtant que François BAYROU conquière le titre de "troisième homme". La belle affaire ! Car pour accéder à une supposée victoire facile contre Nicolas SARKOZY au second tour, il lui faudrait encore surmonter une autre épreuve dont le Béarnais prend soin de ne pas se vanter : battre Ségolène ROYAL au premier tour. C’est-à-dire, en 2007, se glisser dans les habits du LE PEN de 2002 et priver la gauche de finale. Dès que cette évidence aura fait son chemin dans les esprits de ceux qui, à gauche, se laissent aller par sondages interposés à exprimer leurs états d’âme vis-à-vis de la méthode ROYAL, parions que la plupart de ces électeurs retrouveront la voie du vote utile et François BAYROU sa place dans la hiérarchie des candidats. Même s’il a manifesté son indépendance vis-à-vis du chiraquisme, il sera toujours facile de l’accuser de n’être qu’un candidat de droite courtisant opportunément les électeurs de gauche. Ses œillades répétées à gauche ayant peut-être même, à terme, des effets déstabilisants pour les 6,8 % d’électeurs de droite qui lui ont fait confiance en 2002."