Lors d'une de nos premières rencontres, il y a quelques années, mon ami Christian Camerlynck m'interrogeait sur les raisons de mon amour de la chanson française.

Pour le texte, la langue, l'univers "littéraire", lui répondis-je à chaud.
Et j'y pensais de nouveau la semaine dernière en voyant pour la première fois Jacques Bertin sur scène, après l'avoir écouté pendant 25 ans.
Une prestation minimaliste, portée par la seule beauté de ses textes et de sa voix hors du temps.

Aujourd'hui, j'ajouterais pour le spectacle vivant, pour la présence, pour l'émotion vécue collectivement en me remémorant les chocs des concerts de Leprest, Dominique A ou Arno.

Patrick Jankielewicz, dans la Voix du Nord de samedi, évoque avec justesse l'aspect "patrimonial" de la chanson, en prenant pour exemple la renaissance de Delpech, avec nostalgie :
"Des aventures comme celle que connaît aujourd'hui Michel Delpech, il n'y en aura sans doute plus dans vingt ans car le morcellement de la société est si avancé qu'on ne voit pas très bien ce qui pourrait nous faire revenir en arrière.
Un peuple qui sifflote la même chanson un peu légère en partant en vacances, ça a de la gueule quand même..."