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Comment va-t-on s’orienter dans cette future bouillie culturelle ?

Je me retrouve dans cette interpellation de Jean-Baptiste Rudelle qui s'interroge dans un billet sur "la fin de la télévision" sur l'évolution vers une consommation de plus en plus "sur mesure" des informations et des offres culturelles, en soulignant avec justesse combien il faudra être guidé, conseillé, formé pour trier et se construire sa propre grille de lecture.

Une interrogation que je mesure de manière non scientifique en voyant mes enfants se construire leur propre univers entre télé (sans excès) et Internet (de plus en plus).

Vivre ensemble

Le "vivre ensemble", c'est une des ritournelles du débat politique depuis quelques années.

Yasmina Reza aborde ce sujet avec un éclairage original et son humour féroce.

Au départ, un conflit entre deux enfants, une conversation policée entre leurs parents qui tourne rapidement au désastre.
On glisse des propos civilisés, creux et convenus, à un huis-clos barbare, avec un sentiment d'inéluctable qui donne toute son intensité dramatique au texte.

J'ai hâte de voir la pièce sur scène !

J'ai le tournis...

et je n'ai rien compris à cette semaine que le JDD éclaire "d'un sondage qui relance la course à l'Elysée"

C'est vrai, ça ne fait qu'une vingtaine d'années que je fais de la politique, que je milite (réunions, affichage,..), , que je rencontre des électrices et des électeurs, que je fais des campagnes à l'ancienne quoi, et ce que je lis sur le "média-clé de l'élection" (sic JDD) me laisse parfois perplexe.

Tenez, je découvre (toujours dans le JDD) que Versac est un des meilleurs chroniqueurs politiques, je me précipite donc pour relire ses derniers billets et je tombe sur ça :
"J'adresse ma sincère compassion à tous ses futurs Sages collègues"... il a certainement beaucoup analysé pour avoir un avis aussi autorisé sur la façon de présider le Conseil constitutionnel (c'est sûr, Debré n'était que Président de l'Assemblée Nationale, salué unanimement par tous les députés.. c'est donc un con !).. ça me rappelle un peu Le Meur : je suis un chef d'entreprise + je vote Sarko, donc je suis un porte-parole naturel des blogueurs et de l'UMP.. même si je comprends rien aux règles qui définissent la vie politique.

Les journalistes eux-mêmes semblent désorientés.. ce pauvre FOG se dit qu'il doit ouvrir un blog maintenant qu'il a remplacé Duhamel sur RTL.. même si on voit bien que c'est une corvée pour lui.

Heureusement, il reste quelques repères stables :

- des communicants qui ont quelques campagnes dans les jambes, comme Bernard Sananes qui ramène les choses à leur réalité : "Sarkozy toujours ancré solidement mais qui lasse et se tasse, Royal lundi hors système et vendredi aux mains des élephants ce qui peut être pour son électorat potentiellement rassurant ou franchement décevant , Bayrou séduisant mais dont le programme ne convainc encore qu'à moitié,Le Pen dangereusement discret, bref cette semaine est étrange."

- des journalistes comme Daniel Schneidermann qui situent le phénomène Bayrou face à sa vraie question :" Si le nom de Bayrou fait sortir des urnes, au maximum une centaine, voire deux cent députés, que se passe-t-il ? Avec quelle majorité gouverne-t-il ?"

- des blogueurs, comme Nico dont le prénom ne destine pas au chiraquisme, mais qui constate pourtant : "que rien ne dit que le 6 mai vers 20 heures on ne va commencer à le regretter en voyant apparaître la tête du prochain locataire de l'Elysée.

Allez, j'ouvrirai quand même mon Netvibes demain pour suivre la campagne.. c'est quand même plus rigolo que TF1..

Parce que le principal risque est l'oubli

Ville lumière

Entre deux analyses politiques, un clin d'oeil d'autosatisfaction pour Arras.

Je lis dans La Tribune de Lyon que l'institut Lumière de cette grande ville s'apprête à rendre hommage, en sa présence, à Jerry Schatzberg, puis à accueillir un autre hôte de marque, Enki Bilal, auteur de trois longs métrages.. c'est à dire deux des invités de Plan Séquence pour le festival d'Arras... en 2003 et en 2004.

Pas si en retard que certains veulent bien le dire notre "petite ville"...

Je l'avais menti.com

Noël Mamère pris sur le fait... Ridicule !

L'effet Bayrou

François Bayrou a incontestablement su profiter de la volonté des Français de ne pas se laisser enfermer dans un match joué d'avance, résumé par le "Sarkolène".

Ses propos clairs, ses prises de position en pointe sur de thèmes peu abordés (la dette, la culture,..) ont séduit ceux qui attendent que la campagne fasse primer la vérité sur la machine à promesses.

Il bénéficie d'une vraie audience sur le Net, avec des soutiens dynamiques et influents comme l'hebdo Marianne, Christophe Ginisty ou Quitterie Delmas (liens ci-contre).

Et pourtant...

Comment ne pas réaliser que tout cela va se dégonfler prochainement, comme l'analyse brillamment dans Profession Politique Pierre-Marie Vidal dont je cite quelques extraits :

" Faut-il rappeler qu’en 2002, le président du front national avait devancé François BAYROU de dix points (2,85 millions de voix) ? Dans un paysage politique qui s’est largement "droitisé" depuis, qui peut croire à un effondrement de Jean-Marie LE PEN ? Imaginons pourtant que François BAYROU conquière le titre de "troisième homme". La belle affaire ! Car pour accéder à une supposée victoire facile contre Nicolas SARKOZY au second tour, il lui faudrait encore surmonter une autre épreuve dont le Béarnais prend soin de ne pas se vanter : battre Ségolène ROYAL au premier tour. C’est-à-dire, en 2007, se glisser dans les habits du LE PEN de 2002 et priver la gauche de finale. Dès que cette évidence aura fait son chemin dans les esprits de ceux qui, à gauche, se laissent aller par sondages interposés à exprimer leurs états d’âme vis-à-vis de la méthode ROYAL, parions que la plupart de ces électeurs retrouveront la voie du vote utile et François BAYROU sa place dans la hiérarchie des candidats. Même s’il a manifesté son indépendance vis-à-vis du chiraquisme, il sera toujours facile de l’accuser de n’être qu’un candidat de droite courtisant opportunément les électeurs de gauche. Ses œillades répétées à gauche ayant peut-être même, à terme, des effets déstabilisants pour les 6,8 % d’électeurs de droite qui lui ont fait confiance en 2002."

J'ai tenu jusqu'à la pub..

Après mon billet d'hier, je voulais savoir comment Ségolène Royal allait jouer son "quitte ou double"..

Nico résume bien la situation : "Fluctuat nec mergitur".

Comme beaucoup, je l'ai trouvée excellente sur la forme, assurée, attentive, rassurante... bien plus que l'image que j'en avais jusqu'alors MAIS...

Comme l'a dit Maître Eolas en direct : "Oui, elle est plus à l'aise, mais ça ne rend pas ce qu'elle dit plus profond".

Et puis, on reste sur cette impression d'à peu-près, d'évasif, ce "gloubi-boulga économique" pointé par Denis Castel : aucun chiffre, des généralités, des lieux communs voire des contre-vérités comme "le progrès économique détruit l'emploi"..

Sur le fond, c'est à peine digne d'une campagne législative et c'est d'abord cette "déplorable émission" au format odieux selon Versac qui pousse, nous dit Fluctuat, les prétendants à privilégier la rhétorique au détriment du fond.

Catalogue d'intérêts particuliers : qu'allez-vous faire pour MON problème de handicap, de charges sociales, etc.., on se demande au final à quoi sert ce type d'émission ?

Allez, les soirs prochains, moi je reprends mon bouquin de Péan...

La zone de vérité

62 jours du premier tour.. les deux semaines qui viennent risquent d'être décisives et si 79% des Français croient que rien n'est joué, dans une campagne, comme le rappelle Bernard Sananes la dynamique est toujours plus forte que l'arithmétique.

Et même si je n'ai pas l'habitude de commenter les difficultés du camp adverse, il faut constater que Ségolène Royal joue gros ce soir après sa séquence ratée : la non-capitalisation sur le bon meeting de Villepinte, l’interview non relue sur l’Afrique, puis la démission de Besson aggravée par les propos de la candidate sur sa notoriété, sont hallucinants d’amateurisme.

Rien n'est dit pour autant et les propos trop optimistes de Nicolas Sarkozy à La Réunion peuvent être très improductifs.

François Bayrou peut-il profiter des difficultés et du rejet des deux favoris ? Jean-Louis Borloo peut-il faire basculer l'élection comme le pense Christophe Ginisty ?

Cette élection pourrait finalement s'avérer plus passionnante que prévu !

Le pouvoir des blogs

A quelques minutes d'un départ en week-end anticipé, rapide revue de presse sur le formidable Netvibes (merci Guillaume !) pour découvrir la sanction d'Alain Duhamel : privé d'antennes pour une vidéo diffusée sur le Net depuis quelques jours, le montrant en Novembre dernier au milieu de jeunes UDF et affirmant son soutien à Bayrou.

Avait-il vu venir, lui le dinosaure de l'analyse politique (il animait déjà les émissions quand j'étais petit.. c'est dire !), le nouveau pouvoir du Net ? la sanction est-elle proportionnée ? nul doute que le débat va animer la blogosphère pendant quelques jours.

Je pars en tout cas avec ces questions en tête, plein de journaux (version papier..) en retard, le livre de Péan .. et des images plein les yeux de l'inauguration du théâtre d'Arras hier soir.

De tout çà, je reparlerai à partir de Lundi.

Pourquoi j'aime la chanson française

Lors d'une de nos premières rencontres, il y a quelques années, mon ami Christian Camerlynck m'interrogeait sur les raisons de mon amour de la chanson française.

Pour le texte, la langue, l'univers "littéraire", lui répondis-je à chaud.
Et j'y pensais de nouveau la semaine dernière en voyant pour la première fois Jacques Bertin sur scène, après l'avoir écouté pendant 25 ans.
Une prestation minimaliste, portée par la seule beauté de ses textes et de sa voix hors du temps.

Aujourd'hui, j'ajouterais pour le spectacle vivant, pour la présence, pour l'émotion vécue collectivement en me remémorant les chocs des concerts de Leprest, Dominique A ou Arno.

Patrick Jankielewicz, dans la Voix du Nord de samedi, évoque avec justesse l'aspect "patrimonial" de la chanson, en prenant pour exemple la renaissance de Delpech, avec nostalgie :
"Des aventures comme celle que connaît aujourd'hui Michel Delpech, il n'y en aura sans doute plus dans vingt ans car le morcellement de la société est si avancé qu'on ne voit pas très bien ce qui pourrait nous faire revenir en arrière.
Un peuple qui sifflote la même chanson un peu légère en partant en vacances, ça a de la gueule quand même..."

En toute franchise

Jean-Fabien m'invite (sans doute un peu malicieusement) à clarifier ma position par rapport à l'élection présidentielle et Galaté apporte un éclairage intéressant sur le questionnement de certains dans ma famille politique.

Quelques considérations inspirées par la situation du moment :

- Les Français commencent à parler beaucoup politique mais nous ne sommes pas encore entrés dans la phase active de la campagne, plutôt dans une phase de positionnement (rappelons-nous les sondages de Février 1995 et 2002). J'avoue que le niveau actuel (gaffes contre RG) le laisse sur ma faim.

- La capacité de nuisance de Jean-Marie Le Pen a changé de style. Elle n'en est que plus inquiétante et je crois que le débat sur "Bayrou 3ème homme" masque la persistance d'un vrai risque extrémiste.

- Dans ma famille politique, une page est manifestement en train de se tourner. Elle ne le sera néanmoins que lorsque le Président de la République aura parlé.

- J'aurais aimé qu'une candidature s'inscrive dans la fidélité à un certain humanisme politique et à ceux qui l'ont porté (Chirac, Juppé, Raffarin, Villepin). Il n'en sera rien et je le regrette.

Dire, comme Jean-Fabien, que Nicolas Sarkozy m'inquiète est excessif : je n'ai pas aimé certaines de ses attitudes et de ses positions (le Karcher, les racailles, le soutien à Bush,..), je n'aime pas l'évolution de l'UMP en fan-club et je l'ai toujours dit.

Pour autant, je n'ai jamais renié ma famille politique et ce ne sont ni l'inaccessible quête de Bayrou, ni la légéreté programmatique de Royal qui m'y inciteront aujourd'hui.

Voici, très franchement, mon état d'esprit du moment.

Je sais néanmoins d'expérience qu'une campagne présidentielle est une aventure riche en rebondissements et je me garderai bien de graver dans le marbre des jugements définitifs sur cette campagne.

Séquence nostalgie

Au risque qu'un communiste acariâtre ne me reproche encore l'évocation de mes souvenirs de jeunesse, le France - Argentine de foot de ce soir me ramène 28 ans en arrière au souvenir du génial Mario Kempès, qui fit gagner la coupe du monde à son pays.

On vous raconte le match

C'est une idée originale, de quelques communicants que je connais un peu : graver dans le marbre.. ou plutôt sur le Net, des pronostics sur le résultat des Présidentielles.

Avec déjà des gens out, comme Séguéla annonçant un 2ème tour Ségo - Hulot.

Je l'avais dit ou comment figer les plus belles bêtises dites dans la campagne...

Comment en parler sans l'avoir vu ?

Ben oui, j'ai pas la télé dans mon appart à Paris et d'ailleurs... j'aime pas trop la télé !

Très bon si j'en crois la presse (surtout LCI et Le Figaro..), objectivement bon selon Versac , grande maîtrise de l'exercice pour Koz , les commentaires sont assez favorables et reflètent bien le talent de Sarko pour ce genre d'exercices.

Jules apporte un regard différent et intéressant : " Nicolas Sarkozy s'en sort bien mais commence de me lasser. Je suppose que ses amis le trouveront superbe et ses adversaires lamentable."

Et oui c'est bien ce côté lassant de la politique, tout noir ou tout blanc, qu'il faudrait pouvoir changer.

Comme en écho, François Léotard dans le Figaro, un grand ancien qui voulait aussi faire de la politique autrement, stigmatise les pathologies de la politique et notamment "la réduction de la personnalité".

Un témoignage utile en cette période..

Un défi dès le lundi matin...

Marina, que je ne connais pas, me met au défi de relayer sa campagne "contre la vie chère"...

Et voilà, c'est fait !

MarinaMode
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