Accueil > avril 2006




Fargues or not Fargues

Hé, les amis (oui, je vous ai reconnus malgré les pseudos et les initiales..), vous avez le droit de ne pas aimer la même littérature que moi !!

D'accord j'ai fait un peu fort sur les louanges.
D'accord je revendique un certain appétit pour la littérature qui fouille les méandres sentimentales (j'ai eu les même débats sur Catherine Cusset à une époque).. privilège de l'âge, de l'expérience (vous êtes bien plus jeunes que moi..) ?
D'accord,ce que j'ai lu sur la vie de l'auteur m'a autant plu que ce qu'il a écrit lui-même.

Mais ayant lu un nouveau roman de Nicolas Fargues (Rade terminus), je maintiens qu'il y a là une voix, un ton et que çà me plaît..

En tout cas, merci d'avoir réveillé les commentaires du blog.. çà tardait à redémarrer !

Quand je vous dis que je vais finir au "Masque et la Plume".. à moins qu'en Pivot du blog, il y ait peut-être une place à prendre.

Allez, pour ne pas rester sur un échec, je vous conseille "L'ombre du vent" de Carlos Ruiz Zafon.

Hantise

21 Avril... pas envie d'agiter les épouvantails ni de faire le coup du "souviens-toi"..

mais une question me taraude : pourquoi les plus de 5 millions de Français (17,79%) qui se sont déplacés le 5 mai 2002 pour voter Le Pen, malgré la pression médiatique et la mobilisation sociale démesurée, pourquoi ceux-là qui n'ont pas eu peur d'affronter l'opprobre généralisée qui a tenu lieu de discours politique pendant 15 jours, pourquoi ces "sous-Français" hésiteraient-ils une seconde à en faire autant en 2007 ?

Le capitalisme dans la peau..

Çà se passe à Brooklyn.
Mikey Star n’a plus besoin de composer de code pour régler ses consommations ou déverrouiller son ordinateur.
Comme 2.000 autres cinglés dans le monde, il s’est fait greffer une Verichip.

Puce électronique implantée sous la peau, le produit était à l’origine destiné à marquer le bétail de la compagnie du même nom.

Mikey, lui, a toujours « été attiré par l’idée que l’homme et la machine allaient s’interpénétrer. »
Il a puisé dans la philosophie transhumaniste l’idée que l’espèce humaine allait maîtriser son évolution et décupler ses performances physiques, mentales et sensorielles.

Et il est toujours en liberté…

Pour ne pas oublier Cheyenne

Sonia (Aurélia Petit) veut oublier Cheyenne (Mila Dekker).
Parce que leur amour est impossible.


De quoi faire un beau film intimiste.
Le sujet à peine effleuré, Valérie Minetto, choisit plutôt de nous dérouter et de nous emmener beaucoup plus loin.

Cheyenne milite pour la décroissance, et si elle est partie c’est pour vivre en phase avec ses convictions. Sans électricité. Sans voiture. En misanthrope. En marge.

Sonia, elle, est intégrée : Prof de physique-chimie.
Même si elle n’a plus le courage de croire à l’avenir des jeunes qu’elle forme.
Qui découvrent sans elle la grève, la vie, l’espoir.

Au carrefour de toutes ces vies, il y a Pierre (génial Malik Zidi).
Amoureux « chronique », parce qu’il « s’adapte » comme il le dit joliment.

Pourquoi parler de ce film ?
Parce qu’il pousse à s’interroger plusieurs jours encore après l’avoir vu.

Parce qu’on était 4 dans la salle pendant que les files s’allongeaient devant Johnny et Gad Edmaleh. Que le destin d’un film se joue souvent dans les deux premières semaines.
Et que celui-ci mérite vraiment sa chance.

Fière allure

Non, ce n'est pas un titre politique ironique, mais l'impression du Figaro Magazine sur le dernier roman de Nicolas Fargues "J'étais derrière toi" Editions POL.

Un regard sans concessions sur la trentaine (ouf, j'en sors bientôt !), la quête du bonheur et le "passage à l'âge adulte".

Fin de partie

C'est l'historien Jacques Marseille qui le rappelait récemment : "La pire droite régressive profite toujours de la guerre civile. En conséquence, elle l'appelle de ses voeux".

Comme par hasard, Le Pen est ressorti du bois ces derniers jours.

Espérons que la fin de l'épisode, pour le moins calamiteux, du CPE nous aura au moins évité çà !

Ingouvernable ?

Les Français ont longtemps reproché aux élites leur arrogance, leur impuissance, leur aveuglement.

Désormais, ils les ignorent et tâchent de bâtir - sans eux, loin d'eux - les fondations d'une sociabilité radicalement autre.

Ce constat, c'est celui de Nathalie Brion et Jean Brousse, dans La bulle aux éditions de La Table Ronde.

Cette analyse, qui se veut le contraire d'un traité de déclinologie, m' attiré, et j'en reparlerai prochainement.

La France, bloquée ou isolée ?

A qui fera-t-on croire que des milliers de jeunes sont allés dans la rue pour le seul retrait d’une mesure mal expliquée ?

Qu’ils ont vraiment pensé qu’une période probatoire de deux ans serait pire que l’enchaînement de stages, intérim et CDD sur la même période ?
Qu’ils ne savent pas que le licenciement non motivé est déjà la règle aujourd’hui (sans compter les démissions pour harcèlement moral, les pseudos-licenciements économiques) ?

Il faut accepter de regarder la vérité en face:
une partie de la France a dit NON à l’évolution de l’économie et des pratiques sociales , comme elle avait dit NON à l’évolution européenne en mai 2005 et comme elle avait dit NON à la classe politique en avril 2002.

Cette capacité du peuple à dire NON serait plutôt rassurante pour un néo-gaulliste.

Mais cette France qui refuse est aussi celle des jeunes qualifiés qui rêvent de quitter leur pays pour réussir à l’étranger, celle des autres qui rêvent aux 2/3 de devenir fonctionnaires suivant ainsi les vœux de leurs parents, celle qui possède ¼ des étudiants européens en psychologie.. sans débouchés et 45.000 étudiants en filière STAPS .. pour 415 postes de professeurs de sport offerts par an,
le seul pays au monde, enfin, à refuser l'économie de marché !

A force de cultiver notre exception, le constat de la prochaine élection présidentielle ne sera plus, comme le dit Claude Imbert , celui du fossé entre le pouvoir et l’opinion mais entre la France et les autres démocraties.