Guillaume m’interpelle sur le discours de Nicolas Dupont-Aignan.

Il ne manque pas de formules promptes à enflammer les gaullistes (« La France de toujours ») pour qui un NON est plus fondateur que pour d’autres.

Mais à chercher son 18 juin sous le 29 mai, Nicolas Dupont-Aignan combat parfois tout et son contraire.

Ainsi, il se prononce fortement contre une Europe des castes (juges, experts, commissaires,..).
Et dans la phrase suivante, contre un système politique européen.
Que reste-t-il au milieu, si ce n’est un vaste marché ?

C’est justement parce qu’on commençait par le financier (la monnaie, la banque) plutôt que par le politique (l’Homme, le peuple) que j’avais voté conte Maastricht.
Guillaume a raison, le débat d’aujourd’hui mérite mieux que des incantations : je me méfie tout autant de l’argument d’un progrès inéluctable apporté par la construction européenne que du rejet dramatisé d’une « Europe sans frontières » (4 fois dans le texte de Dupont-Aignan) que les souverainistes agitent sans jamais expliquer en quoi elle serait si dangereuse.

La réalité plus inquiétante, c’est que la construction européenne soit à ce point fragile qu’un NON de la France plongerait dans le désarroi et sans doute l’immobilisme, ceux qui l’ont élaborée.

Mon regret, dans ce débat institutionnel, c’est qu’il ne soit pas l’occasion de réfléchir sur la raison d’être de l’Europe , sa vocation dans un monde où la seule alternative au matérialisme capitaliste semble être le fanatisme religieux.
La volonté, justement repoussée par la France, d’inscrire les références chrétiennes dans le traité constitutionnel, aurait fourni matière à réflexion sur cette question.

Malheureusement, le peuple n’a pas été consulté à cette étape.
Et pourtant, je pense de plus en plus comme Jean Monnet, qu’il aurait fallu commencer par la culture.