On sentait bien que la montée des revendications sociales et l’absence de discours clair sur les enjeux du référendum faisait monter le non.

Nous y sommes, et le premier sondage qui évoque pour la première fois ce vote négatif paraît surprendre la classe politico-médiatique.

Plutôt que d’invoquer sans cesse les risques de chaos qu’engendrerait le non, le camp du oui se doit de resituer clairement les enjeux.

A ceux qui veulent dire NON à la Turquie, rappeler que la constitution Française vient d’être modifiée pour rendre OBLIGATOIRE la consultation des Français par référendum pour toute nouvelle adhésion. Le vote du 29 mai n’a donc aucune incidence dans ce débat.

A ceux qui veulent dire NON à l’Europe libérale et, entre autres, à la directive Bolkenstein, expliquer que le libéralisme sauvage a d’autant moins de chances de prospérer qu’il est encadré par règles politiques. La constitution renforce les pouvoirs du Parlement européen et des Parlements nationaux et crée donc de nouveaux remparts politiques à la déréglementation.

A ceux qui veulent s’opposer à la politique du gouvernement ou de Jacques Chirac, rappeler que cette échéance là est en 2007.
Je ne crois pas à un NON fondateur.
En cas de victoire du NON, elle sera attribuée à un front marqué du sceau du rejet systématique de l’Europe.
Dans ce cas, qui renégocierait ? Avec quels interlocuteurs européens ?
Certainement pas la coalition Le Pen- De Villiers – Bové – Emmanuelli – Buffet !

Certes, le texte n’est pas parfait. Il y manque un souffle politique.
Pas de social, pas de vision culturelle m’interpelle ici mon ami Christian.
C’est vrai, ce texte est un cadre politique. Il sera ce qu’en feront les dirigeants que nous élirons désormais à l’échelle européenne.

Alors ayons confiance en nous et gardons confiance en cette formidable idée qui a fait de l’Europe le continent de la paix.