Mes proches se plaignent de l’irrégularité de mon blog.

J’ai déjà dit ici la difficulté de prendre du temps pour écrire, à côté du travail, de l’engagement municipal.. et des moments à préserver pour soi-même et pour les siens.

Mais la sincérité m’oblige à reconnaître des raisons plus profondes.

La première est liée au support lui-même.
Je suis un grand utilisateur d’Internet, j’ai la conviction que les nouvelles technologies sont la « révolution industrielle » de ma génération.
Mais il me reste une crainte : celle que la technologie prenne le pouvoir sur les utilisateurs, qu’Internet impose une illusion de la communication comme une nécessité, que le monde entier « communique avec des fantômes ».
Je cite Alberto Manguel, déjà évoqué ici, et je le rejoins quand il affirme préférer lire et converser, deux choses qui « demandent une présence ».
« Dans une société où tout va vite, où l’on croit tout obtenir sans effort, difficulté et lenteur sont des expériences que l’on rejette. Au bout de l’effort, il y a pourtant le plaisir. »

Le deuxième frein est plus fondamental.
L’une des motivations de ce blog est d’enrichir mon engagement politique, de lui donner un prolongement. Or cela m’apparaît parfois vain, les mesquineries de la vie politique, même au plan local, m’insupportent souvent. J’avoue comprendre le retrait d’un François Léotard, lassé du sentiment de jouer un rôle qui n’était pas fait pour lui.

Enfin, mes dernières réserves tiennent aux idées.
Je désespère parfois de la politique, quand elle s’abîme dans les mètres carrés ministériels ou les jeux de rôles stéréotypés.
Mon militantisme culturel ,une forme d’ouverture d’esprit m’amènent des amitiés à gauche.
Et ces amis ne comprennent pas toujours ce que je fais à droite. Comme Tillinac, je me revendique d’une droite « réactionnaire » au sens où je "réagis" autant au conformisme bourgeois qu’aux révolutionnaires de salon.

J’aimerais prendre du temps pour échanger plus en profondeur sur cette apparente contradiction.

Mais je me dis que cette difficulté doit être partagée : beaucoup me parlent de mon blog, mais peu viennent y écrire.