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OUI, toujours..

Au risque de paraître "monomaniaque", un message de plus sur l'Europe.
Il faut dire que le débat domine l'actualité, et l'argumentaire d'Alain Lamassoure (merci A.Juppé) est clair et permet d'engager le débat.

Je vous livre "la preuve par 9 du OUI" :

1) Le projet de Constitution européenne donne à la Grande Europe à 25 les règles dont elle a besoin pour fonctionner de manière efficace.
Les règles mises au point en 1957 pour le petit Marché commun des Six, et reprises depuis dans tous les traités successifs, sont désormais inadaptées à la Grande Europe politique.

2) Le projet transforme l'Europe commerciale et monétaire en une vraie Europe politique, fondée sur des valeurs de civilisation, et autour d'objectifs communs. Le marché et la monnaie y deviennent, non plus des buts, mais des instruments au service de la croissance et du plein emploi.

3) Il consacre la formule novatrice et féconde d'une communauté de Nations, "unies dans leur diversité", qui conservent leur identité et leur indépendance tout en se donnant des règles de vie commune et la possibilité d'agir ensemble sur la scène internationale.
D'un côté, l'Union aura enfin les moyens d'agir efficacement dans son champ de compétences. Mais de l'autre, les Etats obtiennent des garanties qu'il n'ont pas dans les traités actuels: y compris un droit inconditionnel de retrait de l'Union.

4) Il clarifie la répartition des compétences entre l'Union et les Etats membres, en confiant aux Parlements nationaux le contrôle du respect de cette répartition. Pour la première fois, ces derniers auront les moyens d'empêcher tout débordement intempestif des interventions européennes.

5) Il nous donne une capacité d'action collective sur des sujets-clefs pour lesquels nous ne sommes plus assez efficaces au niveau national. Il fait de l'Europe le bon niveau pour répondre à la mondialisation.
Ainsi, l'Union sera pleinement compétente pour lutter contre le terrorisme, le grand banditisme international, pour protéger les frontières communes et définir une politique à l'égard de l'immigration.
Elle pourra siéger dans toutes les organisations ou négociations internationales relatives à son champ de compétences: elle jouera un rôle-clef dans toutes les relations extérieures excluant l'emploi de la force - commerce, finances, monnaies, transports, télécommunications, science, énergie, environnement, coopération et aide humanitaire.
Elle commencera à jouer un rôle plus efficace en politique étrangère et de défense, avec la nomination d'un Ministre des Affaires étrangères de l'Union et la création d'une Agence européenne de la Défense.

6) La Constitution offre aux citoyens la place qui doit être la leur : la première.
Ce sont eux qui éliront les législateurs européens et le chef de l'exécutif européen.
Ils pourront influencer dès l'origine de futures révisions de la Constitution , ou de nouvelles négociations d'élargissement de l'Union. Ils disposeront d'un droit de pétition collective, sur tous les sujets, pouvoir inconnu à ce jour en France comme dans la plupart des pays européens.

7) Elle permet de donner à l'Union des frontières stables, tout en rendant possibles d'éventuels élargissements futurs, au cas par cas, et seulement si les peuples européens le souhaitent - les Français ayant la garantie supplémentaire d'un referendum national en cas de tout nouvel élargissement.

8) Dans les domaines où la France veut faire plus et plus vite, la Constitution permet de commencer à agir avec ceux de nos partenaires qui y sont disposés sans attendre les autres : ce sont les "coopérations renforcées".
Ainsi les pays membres de l'euro pourront gérer leurs politiques économiques entre eux. En matière de politique étrangère , de défense, de contrôle aux frontières extérieures, de coopération judiciaire, d'harmonisation de la fiscalité, de politique sociale, nous pourrons prendre de nouvelles initiatives sans être bridés par la règle de l'unanimité.

9) Enfin, ce texte est le couronnement de ce qu'on peut appeler la vision française de l'Europe, contre la vision anglo-saxonne, purement libre-échangiste, intergouvernementale et souverainiste.
Jacques Chirac l'a souligné sans être contredit:
"Cette Constitution a été voulue par la France , et elle a été très largement inspirée par elle."

Souverainisme

Guillaume m’interpelle sur le discours de Nicolas Dupont-Aignan.

Il ne manque pas de formules promptes à enflammer les gaullistes (« La France de toujours ») pour qui un NON est plus fondateur que pour d’autres.

Mais à chercher son 18 juin sous le 29 mai, Nicolas Dupont-Aignan combat parfois tout et son contraire.

Ainsi, il se prononce fortement contre une Europe des castes (juges, experts, commissaires,..).
Et dans la phrase suivante, contre un système politique européen.
Que reste-t-il au milieu, si ce n’est un vaste marché ?

C’est justement parce qu’on commençait par le financier (la monnaie, la banque) plutôt que par le politique (l’Homme, le peuple) que j’avais voté conte Maastricht.
Guillaume a raison, le débat d’aujourd’hui mérite mieux que des incantations : je me méfie tout autant de l’argument d’un progrès inéluctable apporté par la construction européenne que du rejet dramatisé d’une « Europe sans frontières » (4 fois dans le texte de Dupont-Aignan) que les souverainistes agitent sans jamais expliquer en quoi elle serait si dangereuse.

La réalité plus inquiétante, c’est que la construction européenne soit à ce point fragile qu’un NON de la France plongerait dans le désarroi et sans doute l’immobilisme, ceux qui l’ont élaborée.

Mon regret, dans ce débat institutionnel, c’est qu’il ne soit pas l’occasion de réfléchir sur la raison d’être de l’Europe , sa vocation dans un monde où la seule alternative au matérialisme capitaliste semble être le fanatisme religieux.
La volonté, justement repoussée par la France, d’inscrire les références chrétiennes dans le traité constitutionnel, aurait fourni matière à réflexion sur cette question.

Malheureusement, le peuple n’a pas été consulté à cette étape.
Et pourtant, je pense de plus en plus comme Jean Monnet, qu’il aurait fallu commencer par la culture.

Non, mais à quoi ?

On sentait bien que la montée des revendications sociales et l’absence de discours clair sur les enjeux du référendum faisait monter le non.

Nous y sommes, et le premier sondage qui évoque pour la première fois ce vote négatif paraît surprendre la classe politico-médiatique.

Plutôt que d’invoquer sans cesse les risques de chaos qu’engendrerait le non, le camp du oui se doit de resituer clairement les enjeux.

A ceux qui veulent dire NON à la Turquie, rappeler que la constitution Française vient d’être modifiée pour rendre OBLIGATOIRE la consultation des Français par référendum pour toute nouvelle adhésion. Le vote du 29 mai n’a donc aucune incidence dans ce débat.

A ceux qui veulent dire NON à l’Europe libérale et, entre autres, à la directive Bolkenstein, expliquer que le libéralisme sauvage a d’autant moins de chances de prospérer qu’il est encadré par règles politiques. La constitution renforce les pouvoirs du Parlement européen et des Parlements nationaux et crée donc de nouveaux remparts politiques à la déréglementation.

A ceux qui veulent s’opposer à la politique du gouvernement ou de Jacques Chirac, rappeler que cette échéance là est en 2007.
Je ne crois pas à un NON fondateur.
En cas de victoire du NON, elle sera attribuée à un front marqué du sceau du rejet systématique de l’Europe.
Dans ce cas, qui renégocierait ? Avec quels interlocuteurs européens ?
Certainement pas la coalition Le Pen- De Villiers – Bové – Emmanuelli – Buffet !

Certes, le texte n’est pas parfait. Il y manque un souffle politique.
Pas de social, pas de vision culturelle m’interpelle ici mon ami Christian.
C’est vrai, ce texte est un cadre politique. Il sera ce qu’en feront les dirigeants que nous élirons désormais à l’échelle européenne.

Alors ayons confiance en nous et gardons confiance en cette formidable idée qui a fait de l’Europe le continent de la paix.

Irrégularité

Mes proches se plaignent de l’irrégularité de mon blog.

J’ai déjà dit ici la difficulté de prendre du temps pour écrire, à côté du travail, de l’engagement municipal.. et des moments à préserver pour soi-même et pour les siens.

Mais la sincérité m’oblige à reconnaître des raisons plus profondes.

La première est liée au support lui-même.
Je suis un grand utilisateur d’Internet, j’ai la conviction que les nouvelles technologies sont la « révolution industrielle » de ma génération.
Mais il me reste une crainte : celle que la technologie prenne le pouvoir sur les utilisateurs, qu’Internet impose une illusion de la communication comme une nécessité, que le monde entier « communique avec des fantômes ».
Je cite Alberto Manguel, déjà évoqué ici, et je le rejoins quand il affirme préférer lire et converser, deux choses qui « demandent une présence ».
« Dans une société où tout va vite, où l’on croit tout obtenir sans effort, difficulté et lenteur sont des expériences que l’on rejette. Au bout de l’effort, il y a pourtant le plaisir. »

Le deuxième frein est plus fondamental.
L’une des motivations de ce blog est d’enrichir mon engagement politique, de lui donner un prolongement. Or cela m’apparaît parfois vain, les mesquineries de la vie politique, même au plan local, m’insupportent souvent. J’avoue comprendre le retrait d’un François Léotard, lassé du sentiment de jouer un rôle qui n’était pas fait pour lui.

Enfin, mes dernières réserves tiennent aux idées.
Je désespère parfois de la politique, quand elle s’abîme dans les mètres carrés ministériels ou les jeux de rôles stéréotypés.
Mon militantisme culturel ,une forme d’ouverture d’esprit m’amènent des amitiés à gauche.
Et ces amis ne comprennent pas toujours ce que je fais à droite. Comme Tillinac, je me revendique d’une droite « réactionnaire » au sens où je "réagis" autant au conformisme bourgeois qu’aux révolutionnaires de salon.

J’aimerais prendre du temps pour échanger plus en profondeur sur cette apparente contradiction.

Mais je me dis que cette difficulté doit être partagée : beaucoup me parlent de mon blog, mais peu viennent y écrire.

Florence Aubenas

Enervé ce matin par la focalisation des media sur "l'affaire Julia".. on en oublierait presque l'enjeu : la vie d'une femme, journaliste, et de son guide, les inquiétudes de leur famille.

Mais comment se mobiliser ?
J'ai noté l'initative de leur comité de soutien : 1000 concerts de fanfares le 12 mars pour "se faire entendre jusqu'à Bagdad".
J'ai demandé aux services municipaux de contacter les fanfares Arrageoises.
N'hésitez pas à m'en parler en direct, et à manifester votre soutien.

Jacques Chirac à Arras

Arras accueillait le premier sommet franco-polonais hier.
Il y eut bien sûr des contraintes pour les Arrageois et sûrement des frustrations d'être restés trop spectateurs de cet événement pour leur ville.
Mais il restera surtout de superbes images de la place des Héros et du Beffroi sous le soleil et de l'accueil populaire réservé aux délégations.
A titre personnel, j'ai été impressionné par le charisme de Dominique de Villepin, détendu et chaleureux.
Les enfants des écoles ne s'y sont pas trompés qui, avec leur spontanéité, n'ont cessé de l'appeler "Monsieur le Premier Ministre"...