Les citoyens s'engagent !

Dans le droit fil de mes prises de position récentes et de ma volonté de redonner du sens à la politique en rendant la parole aux citoyens, je propose aux Arrageois de participer à la construction d'un projet municipal au travers du site Les citoyens s'engagent qui ouvrira dans les jours qui viennent un module interactif pour permettre aux habitants de s’exprimer sur les enjeux pour l’avenir d’Arras, de débattre sur les solutions proposées et de participer ainsi activement à l’élaboration d’un programme ambitieux.

Je souhaite être le porte-parole des citoyens qui ne se reconnaissent plus dans les clivages partisans artificiels ni dans les petits arrangements entre initiés dont la passation de pouvoir de 2011 a été le symbole.

C'est le sens de la liste indépendante des partis politiques que nous présenterons pour les élections municipales de 2014 et qui a déjà commencé d’aller à la rencontre des Arrageois à leur domicile pour faire connaître notre démarche et engager le dialogue.

On n'en finit jamais avec la littérature

Des lecteurs assidus - et plus culturels que politiques - s'inquiètent de ne plus trouver ici de chroniques littéraires régulières, l'actualité politique locale ayant pris le dessus (et le blog ayant retrouvé un peu de sa raison d'être initiale...).

Je les rassure, on n'en finit jamais avec la littérature et même en ces périodes denses, il y a toujours un moment dans la journée pour partir à la découverte d'une écriture, comme celle, énergique et sensible, d'Emmanuelle Bayamack-Tam.

Il reste aussi la satisfaction du lecteur de voir sa passion partagée par une communauté : la reconnaissance du livre de Thierry Beinstingel dont j'avais parlé ici par le jury du prix Amila-Meckert de Colères du Présent le 1er mai à Arras est un vrai bonheur.. et une invitation réitérée à lire ce livre !

Lettre ouverte à Bruno Bonduelle : Arras mérite mieux que des postures politico-tactiques !

Cher Bruno Bonduelle,

J’ai découvert il y a 18 ans, en arpentant le marché d’Armentières à vos côtés pour recueillir signatures et soutiens pour la candidature de Lille à l’organisation des Jeux Olympiques, la force d’une métropole quand elle s’appuie sur l’engagement et la mobilisation de toute une population.

J’ai admiré votre foi et votre idéal qui soulèvent les montagnes et permettent de relever les défis les plus fous.

Je n’ai cessé d’apprécier depuis votre liberté de ton et vos contributions iconoclastes destinées à faire bouger les frontières artificielles et les idées reçues.

L’une de vos dernières sorties m’intéresse d’autant plus qu’elle concerne Arras, ma ville, où vous proposez d’installer le siège d’un futur conseil régional « pour amadouer le Pas-de-Calais » (sic).

Malgré son inutile mépris sous-jacent, l’idée peut sembler séduisante pour aider Arras à s’affirmer comme un pôle métropolitain capable d’attirer décideurs et activités créatrices de valeur ajoutée urbaine.

Mais à y regarder de plus près, au-delà de l’intérêt politico-tactique de la provocation, elle peut se révéler aussi inefficace qu’improductive !

 En mettant des centaines de fonctionnaires régionaux sur la route ou dans des TER déjà bondés, elle exportera à Arras une partie de la paralysie quotidienne que vit la Métropole et elle aggravera les difficultés –déjà énormes pour une ville moyenne comme Arras – d’entrée et de sortie aux heures de pointe (plusieurs milliers de travailleurs qui entrent et sortent vers les bassins de Lens, Béthune, Lille ou Paris chaque jour)

 En transférant des emplois tertiaires publics déjà pourvus, elle ne créera aucun emploi local ni aucune valeur ajoutée. Pire elle mobilisera des financements publics et du foncier (construction de locaux,..) qui pourraient être plus utiles à des investissements créateurs de richesses pour le territoire.

Surtout, elle ignore superbement l’avis des Arrageois et la façon dont ils imaginent le futur de leur ville et son développement !

Si vous souhaitez sincèrement aider Arras au-delà de ce pavé dans la mare des initiés, venez réfléchir aux vrais défis qui attendent Arras :

- Attirer 2 ou 3 écoles de commerce et d’ingénieurs dans un cadre harmonieux et faire découvrir aux étudiants une qualité de vie qu’ils voudront conserver demain comme cadres et entrepreneurs en devenant des acteurs d’un renouveau économique par le logement (900 logements vacants à Arras) , la création de richesse (54% de la population arrageoise n’est pas imposable) et la dynamisation du commerce

- Donner à la Citadelle une vocation d’excellence qui permette de sortir de la logique du remplissage au coup par coup et au gré des opportunités

- Conforter le pôle d’excellence agro-alimentaire en travaillant davantage avec les grands industriels du secteur ayant leur siège dans la Métropole

- Faire émerger un pôle d’excellence des métiers du patrimoine en s’appuyant sur l’Histoire d’Arras et la présence de nombreux talents artistiques

- Défendre et améliorer encore la place ferroviaire d’Arras, avec la 3ème gare européenne notamment

- Réussir la "ville frugale", économe en énergie, en transports et en espace, en relocalisant les activités au plus près des lieux de résidence et en développant les métiers et solutions innovantes (coworking,…)

Cher Bruno Bonduelle, ne tombez pas dans les travers des professionnels de la politique que vous titillez souvent : il y a à Arras des talents, des idées, des citoyens prêts à s’engager pour bâtir un projet partagé et donner une direction et un espoir.

Je veux, avec Arras Passionnément, rassembler ces talents en dehors des jeux politiciens comme vous avez su fédérer toute une région pour des enjeux supérieurs.

Vous nous avez envoyé la balle avec cette petite provocation.

Allez jusqu’au bout et venez débattre avec nous des vrais enjeux de notre ville !

Moraliser la vie publique, une urgence !

J'ai décidé de signer la pétition de François Bayrou car elle n'exprime pas une lecture partisane mais une exigence morale.

Cette exigence d'intégrité morale est en phase avec notre démarche Arrageoise de transparence et de sincérité du débat public.

Nous voulons un débat juste.

C'est dans cet esprit, et sans polémique personnelle, que nous avons souhaité que le débat municipal qui aura lieu durant les prochains mois ne soit pas faussé par l'utilisation de moyens publics comme le recours à une agence de relations presse dont les missions et les conditions de choix n'ont toujours pas été éclaircis et dont l'utilisation à des fins électorales créérait, au-delà de l'illégalité, un déséquilibre financier majeur dans la campagne.

Je vous invite à prendre connaissance du texte et à le signer si vous partagez cette exigence.

Lettre pas refermée

Pour ce que j'en ai lu dans la presse, l'ironie et les tentatives de diversion qui font office de réaction à ma lettre ouverte ne masquent pas la faiblesse des arguments et m'amènent à quelques précisions :

1. La question soulevée est bien juridique : il ne s'agit pas d'une petite erreur banale mais d'une infraction qui porte un nom : délit de favoritisme !

2. Je n'accepte pas qu'on se défausse sur les services de la ville qui ont toujours bien fait leur travail et qui, en l'espèce, n'ont fait que répondre à une commande.

3. Puisque le maire ne nie pas l'illégalité (il serait bien en peine de le faire d'ailleurs...) la seule voie pour restaurer la confiance est de mettre fin à ce marché et de le relancer dans les règles.

4. Si la nécessité impérieuse de faire appel à un cabinet spécialisé pour faire connaître le MainSquare ou les carrosses de Versailles prête à sourire, on peut en revanche s'interroger sur le besoin essentiel pour la ville de faire savoir aux journalistes lillois ou parisiens l'ouverture d'une permanence en ligne du maire...

Ces rappels effectués, il reste l'argument-massue du maire : tout ça, ce serait de la campagne électorale...

Parlons-en, puisque campagne électorale il y aura - n'en déplaise à ceux qui préfèrent le confort des passations de pouvoir entre amis - espérons qu'elle se passe dans la transparence et l'équité !

Et il se trouve que ce marché s'inscrit dans un contexte qui permet d'avoir des craintes : refus, illégal lui aussi, d'accorder un droit d'expression aux élus indépendants d'Arras Passionnément dans un journal municipal bientôt rebaptisé "la gloire de mon maire" comme en atteste le dernier numéro sur la journée de la femme où l'oubli des femmes élues de l'opposition relève autant de l'inélégance que du sectarisme.
Oui, parlons de la campagne électorale, ce moment d'égalité des moyens de communication pour tous les candidats.

Arras Passionnément y fera, comme elle a commencé à le faire lors de ses voeux, des propositions pour les Arrageois.

Rien n'interdit au maire d'y réagir aussi !

Lettre ouverte au maire d'Arras

J'ai adressé ce jour la lettre ouverte suivante au maire d'Arras :

Monsieur le Maire,

Vous avez reçu, le 15 février dernier, un courrier des services de Monsieur le Préfet, confirmant l’analyse que nous avions faite du marché de relations presse attribué au cabinet Alquier pour un montant de 78.000 euros HT.

Comme nous l’avions craint et comme nous vous en avions alerté en séance du conseil municipal de Juillet dernier, ce marché ne respecte pas les procédures de mise en concurrence prévues par le code des marchés publics.

Ce marché est donc illégal, même si pour des raisons de délai, il ne peut plus être attaqué.

Dans ces conditions, vous vous grandiriez à suspendre ce marché et à le relancer dans les règles afin d’éviter toute suspicion.

Car à l’illégalité de cette commande s’ajoute l’obscurité sur ses objectifs : la formulation écrite est restée très floue (« réflexion autour des pratiques de relations presse » !) et vos commentaires en séance sur le nécessaire rayonnement d’Arras n’ont pas éclairé davantage sur le travail réel réalisé par ce cabinet.

Afin de lever toute ambiguïté aux yeux des Arrageois, je vous demande donc de nous communiquer, en séance du conseil municipal, le détail des actions entreprises par ce cabinet pour la promotion de la ville.

Malentendus

Comme je l'ai déjà dit ici l'histoire de l'enseignement des jeunes sourds est intimement liée à celle d'Arras et je suis très attaché à ce patrimoine singulier de notre ville.

C'est donc avec un intérêt particulier que j'ai choisi l'ouvrage de Bertrand Leclair dans le cadre de mes chroniques sur Babelio.

Il s'agit d'un objet littéraire plaisant et original, entre roman, récit historique et témoignage personnel, dont la toile de fond est le combat, méconnu, que se livrèrent oralistes et adeptes de la langue des signes.
Le congrès de Milan de 1880 est l'apogée de ce conflit et de la violence faite aux sourds, comme en témoigne les paroles de l'abbé Tarra "Nous devons bannir les signes qui ne serviront jamais qu'à détruire la langue (...) au nom de la grande et sainte entreprrise que nous appelons la rédemption du sourd-muet".

Il faudra attendre la loi du 11 février 2005 en France pour mettre fin officiellement à l'obligation de la méthode orale pour l'éducation des sourds en France !

Plus d'un siècle de luttes pour affirmer cette liberté et rejoindre cette juste affirmation de William Blake "Il y a des choses qu'on peut connaître et d'autres non; entre les deux il y a des portes, les portes de la perception".

Jours de pouvoir

Les livres d'actualité politique me tombent en général des mains rapidement, n'étant souvent que le triste miroir de la vie politico-médiatique : zapping permanent, sans hiérarchisation, ni pédagogie.

Bruno Le Maire s'inscrit lui dans une tradition de complicité entre littérature et politique dont le dernier représentant présidentiel reste François Mitterrand.
Témoin, son questionnement permanent "Qui écrit en moi ? Qui fait de la politique ? Où commence la politique et où se termine la littérature ?"

Outre un style alerte et élégant, c'est par son sens aigu de l'Etat que se distingue ce récit au coeur de la machinerie du pouvoir.

Bruno Le Maire y livre une réflexion sans concessions sur les limites de l'action d'un ministre, l'infernal enchaînement -qui paraît parfois bien vain - des déplacements internationaux, la difficulté de concilier hauteur de vue et gestion des problèmes quotidiens tout en donnant du sens à l'action pour tenter d'être compris des concitoyens.

Son intelligence et sa sincérité contribuent à revaloriser l'action politique pour ce qu'elle est : engagement au service d'une vision du monde qui ne mérite ni l'opprobre, ni le suivisme béat.

Ses portraits acérés raviront ceux qui s'intéressent aux coulisses humaines de la vie publique mais on pourra regretter que l'esquisse d'autocritique, notamment sur la campagne présidentielle délétère, ne soit pas plus prononcée.

C'est sans doute la limite de l'exercice pour un homme qui a choisi de creuser son sillon politique en préférant l'influence au sein de l'UMP plutôt que l'affirmation d'un destin politique plus indépendant.

Quand on voit l'indigence de l'expression de l'UMP aujourd'hui, on ne peut que souhaiter qu'un homme de sa dimension, avec sa vision européenne, joue un rôle majeur dans la reconstruction d'une famille politique.

Voeux d'Arras Passionnément

Vous étiez plus d'une centaine à assister aux voeux d'Arras Passionnément ce mercredi 30 janvier.
Pour les absents (et les courageux..) voici le texte du discours, en attendant le montage vidéo.



Crédit photo : GLC


Mes chers amis,

En 2012, nous nous sommes rassemblés, unis par notre passion pour Arras et par notre envie d’être acteurs de son devenir, refusant que celui-ci soit confisqué par quelques-uns au prix de pratiques politiques d’un autre âge.

En 2013, nous voulons affirmer et partager avec vous et tous les Arrageois notre ambition pour Arras.

Dans un contexte de crise, de réduction de la dépense publique et du soutien aux collectivités locales, chaque euro dépensé devra, plus que jamais, l’être avec l’obsession de l’investissement utile, du développement du territoire et du mieux-être des habitants, l’obsession surtout de préparer l’avenir.

Au contraire à Arras, la capacité d’autofinancement de la ville diminue de 40% cette année et les dépenses de la collectivité se multiplient – dans des conditions juridiques parfois douteuses - pour s’entourer des conseils d’agences de communication et de cabinets d’études en tous genres ; les grands investissements du moment – Casino, Pharos – augurent pour demain des coûts de fonctionnement qui ne seront couverts par aucune recette nouvelle.

Arras fait la une des journaux pour le Mainsquare ou les Carrosses mais dans le même temps pour la fermeture de Meryl Fiber.

Nous ne devons pas nous contenter d’être une ville-écrin pour touristes et festivaliers.

Nous ne devons pas nous résigner à passer de la « belle endormie » à… « la très belle endormie ».

Mes amis, contrairement à ce que j’ai pu lire, Arras Passionnément n’a pas vocation à être le premier opposant mais à être le premier proposant !

Pour cela, nous allons mettre à profit l’année 2013 pour faire comprendre qui nous sommes et ce que nous voulons.

Notre ambition s’articule en 4 axes pour lesquels nous ferons tout au long de l’année des propositions concrètes : Refaire d’Arras un carrefour économique, commercial et culturel, Apprendre à partager le territoire entre tous ses acteurs, Renforcer la solidarité et Gouverner autrement.


Refaire d’Arras un carrefour économique, commercial et culturel

Nos villes, nos territoires sont entrés, comme vos entreprises, vos associations dans une ère de compétition pour attirer les emplois, les financements, les talents.
On parle d’un pôle Arras-Lens-Douai-Béthune mais c’est Lens qui attire le Louvre et sa carte de visite internationale, c’est Douai qui attire Amazon et ses milliers d’emplois et c’est Béthune qui s’affiche comme territoire d’innovation industrielle et technologique mais aussi culturelle et touristique.

Quand les milieux économiques régionaux parlent des grands investissements d’avenir, ils évoquent le terminal méthanier de Dunkerque, Euralogistic à Dourges, la serre numérique de Valenciennes ou encore le Centre des textiles innovants de Roubaix.

Il nous faut une meilleure articulation entre l’Université, les entreprises et la recherche pour préparer les pôles de compétitivité de demain et regrouper les entreprises innovantes dans des pépinières spécialisées.

Il nous faut aussi une autre ambition pour notre centre-ville, rénové, mais aux vitrines en berne.

Nous proposons ainsi la création d’une agence municipale du commerce chargée de la détection et de l’analyse des locaux vacants afin de réduire le coût prohibitif des loyers et d’enrayer le cycle infernal des reprises/fermetures.

Pour ramener au centre-ville les métiers de bouche qui ont disparu et qui créent le passage quotidien des consommateurs, nous lancerons une grande réflexion associant les commerçants, les habitants et les urbanistes pour implanter une halle de verre et d’acier accueillant les produits frais et les producteurs locaux sur la Grand-Place en marquant la ville d’un geste architectural ambitieux.

Nous avons déjà noué des contacts avec des villes comme Amiens pour nous inspirer de ce qui a été réalisé.

Nous nous engageons parallèlement à ce que plus aucun m2 de grande surface ne soit construit sur Arras.

Nous voulons aussi réaffirmer la place centrale de la politique culturelle, comme vecteur de partage d’émotions, mais surtout comme véritable moteur intégré dans les politiques urbaines et économiques.

Nous avons à Arras les talents et les lieux patrimoniaux pour être à la pointe de cette nouvelle économie créative qui fait gagner les villes : Cité Nature, Ecole des métiers d’art, Beffrois du patrimoine mondial, que de rendez-vous manqués faute d’audace et de confiance accordée aux acteurs.

Au lieu d’accueillir en catimini le centre régional des lettres à la Citadelle, nous aurions par exemple pu imaginer une cité du livre fédérant les acteurs du territoire : associatifs (Quai de la batterie, Colères du présent, Escales des lettres), publics (médiathèques), structures d’enseignement (laboratoires universitaires) et attirer libraires, bouquinistes, relieurs, calligraphes, illustrateurs pour drainer des milliers de visiteurs comme l’ont fait des petits villages comme Montolieu ou Bécherel.

Nous pourrions être à la pointe de la numérisation du patrimoine et de la création d’entreprises innovantes en la matière : plus de 1000 manuscrits provenant de l’Abbaye Saint-Vaast mais aussi reconstitutions virtuelles du patrimoine projetant le visiteur dans la ville du XVIII°S comme à Bordeaux.


Apprendre à partager le territoire entre tous ses acteurs

Un carrefour économique et commercial, c’est d’abord un endroit auquel on accède facilement.
Aujourd’hui Arras est une ville de moins de 45.000 habitants dans laquelle il est aussi infernal d’entrer ou sortir aux heures de pointe matin et soir que dans les grandes agglomérations et où il est dangereux de circuler à pied ou à vélo.

Les solutions sont multiples : renforcement de l’offre ferroviaire et particulièrement sur l’axe Arras-Lens (tram ? renforcement du TER ?), innovations intramuros : zone 30 généralisée en dehors des grands axes, signalisation piétonne pour informer et encourager à la marche, triporteurs électriques pour les livraisons, pédibus, voies vélo sécurisées, parkings de desserte et navettes électriques…

C’est ensuite un endroit où chacun – particulièrement les jeunes ménages et les personnes âgées et isolées - trouve une solution de logement adaptée à sa situation.
Il nous faudra mobiliser tous les acteurs, privés comme bailleurs sociaux pour élargir l'offre et mener une action énergique pour reconquérir les 900 logements vacants sur notre commune.

Nous devons également relocaliser les emplois au plus près des zones d’habitat : c’était d’ailleurs une ambition affirmée du SCOT de faire de la Citadelle un quartier d’affaires… on y vendra bien du miel et du fromage mais rien à la hauteur des ambitions affirmées et nécessaires.

Le partage, c’est aussi avoir une approche juste et claire de tous les enjeux.
En matière de subvention, nous appliquerons des critères objectifs et incontestables.
Nous avons tous nos passions, et tout le monde connaît la mienne pour les sports collectifs. En particulier pour le sport féminin qui est une identité spécifique qu’il faut maintenir et renforcer à Arras (et ce ne sont pas les difficultés du moment qui doivent nous faire changer d’avis).

Mais savez-vous par exemple quel est aujourd’hui le premier club sportif Arrageois, 14ème club français toutes catégories confondues ? C’est le RCA athlétisme… et ça ne se devine pas toujours en regardant les infrastructures du club !


Renforcer la solidarité

Pour assurer les nécessaires solidarités entre les habitants et les quartiers, nous devons d’abord maîtriser les dépenses et créer de nouvelles richesses sur la ville afin de ne pas faire supporter tout le poids de cette solidarité aux seuls 45% de foyers imposables qui finiront par quitter une ville devenue au-dessus de leurs moyens : sur les 2300 personnes qui ont quitté Arras ces 5 dernières années, 50% sont des jeunes ménages, rebutés par les loyers et des impôts trop élevés mais aussi par les tarifs municipaux et Arras Passionnément se réjouit d’avoir pu infléchir, au conseil municipal, la réforme des tarifs des centres de loisirs qui pénalisait injustement les classes moyennes.

Nous ferons de la ville un « territoire de commerce équitable » en privilégiant les achats éco-responsables.

Nous travaillerons également avec les structures pour l’emploi afin d’offrir à des chômeurs des parcelles de terrain pour développer une agriculture raisonnée et locale au service de la restauration scolaire.

Nous organiserons tout l’hiver des Dimanches solidaires mobilisant les associations caritatives afin de lutter contre l’isolement.

La réforme des rythmes scolaires conduite par le Gouvernement doit être l’occasion de donner à tous nos enfants une même chance d’ouverture culturelle, sportive et sociale. Nous nous félicitons que la ville se positionne dès 2013 : nous souhaitons que la concertation soit large et nous entendons y participer pleinement !

En matière d’enseignement, Arras a depuis deux siècles une histoire particulière avec les sourds et j’ai le plaisir de saluer mes amis de Trèfle et de la Maison des sourds présents ce soir et de remercier David Lobry, notre interprète.

Je leur dis que nous devons revendiquer haut et fort ce patrimoine, cette culture de l’éducation et de la transmission en baptisant une rue du nom de Mademoiselle Duler à l’origine de cette histoire commune, mais aussi en accueillant l’exposition sur le tricentenaire de la naissance de l’Abbé de l’Epée.


Gouverner autrement

Gouverner autrement, c’est d’abord ne pas imaginer qu’Arras détient LA solution, seule dans son coin.

Sur de nombreux sujets, la ville se tient à l’écart des réseaux qui inventent et développent ensemble de nouvelles politiques : villes d’art et d’histoire, villes-santé, club des villes-cyclables,… pour ne prendre que quelques exemples.

Arras doit ainsi viser à être la première grande ville française à obtenir le label CittaSlow, sur le modèle des villes de Toscane, pour affirmer sa qualité de vie et son souci d’un développement urbain harmonieux.

Gouverner autrement, c’est donner aux membres du personnel municipal toute la considération qu’ils méritent et les associer pleinement car ils sont un levier essentiel de l’innovation. Pour cela il faut aussi leur donner des conditions de travail modernes et adaptées : restauration, garderie, plan de déplacement d’entreprise,…

Gouverner autrement, c’est aussi intégrer le fonctionnement en réseau permis par les nouvelles technologies dans nos rapports avec les citoyens.

En la matière, les enjeux dépassent la création de gadgets pour élus en quête d’image branchée ou la précipitation sans concertation comme sur le dossier Espace Arras Famille.

Les réseaux hyperlocaux ouvrent une immense palette de possibilités - échange de services, animation de comités d'habitants, vie démocratique - à l'échelle d'une ville comme Rennes avec La Ruche ou même d'un immeuble comme cela se pratique en région parisienne avec Ma résidence.

La participation des citoyens à la construction d'un grand projet urbain comme en Gironde (dont on pourrait s'inspirer pour notre quartier de la Citadelle) ou à la qualité de vie en signalant sur une plateforme tous les dysfonctionnements urbains comme à Mérignac est essentielle pour redonner du sens à l'action publique, à l'heure où les réponses simplistes et démagogiques des extrêmes semblent gagner du terrain.

Cela suppose des changements de posture des acteurs publics, élus et fonctionnaires territoriaux, qui doivent accepter de partager le pouvoir et passer d'un système où ils commandent, produisent, décident à un autre où ils orchestrent, conseillent, jouent les médiateurs.

Nous pourrions déjà expérimenter ces nouvelles pratiques au sein des comités consultatifs d'habitants, dans un premier temps … et pourquoi pas, demain, ouvrir l'élaboration du budget municipal à la coproduction ?

Gouverner autrement, c’est enfin cesser de croire que les bonnes solutions ne peuvent être portées que par un camp politique en rejetant toute proposition parce qu’elle vient des bancs d’en face.

Les listes d’appareil conduites par des professionnels de la politique n’offrent pas cette liberté et cette ouverture indispensables à l’innovation.
Cela me donne l’occasion de redire clairement – et définitivement – qui nous sommes : je sais que cela interpelle, interroge mais je le réaffirme : nous n’avons pas de drapeau à planter en haut du Beffroi !

Notre lion, symbole des libertés communales depuis plus de 450 ans, notre grand lion de Flandre, celui, cher à Verlaine, « qui hurle en cris d'or dans l'air moderne : Osez les prendre ! », voilà notre drapeau, celui de tous les Arrageois.

Je veux aussi rassurer ceux qui aiment à tout prix étiqueter pour mieux réduire : je ne viens pas de nulle part !

J’ai eu ces 20 dernières années des engagements et des responsabilités assez visibles pour qu’on sache me situer.

Et Jean-Marie Vanlerenberghe savait très bien à qui il proposait d’être numéro 3 de sa liste en 2001.

Mais c’est parce que j’ai su dépasser ces logiques purement partisanes, parce que j’ai refusé la facilité des petits arrangements entre amis, parce que j’ai appris de mon mandat d’adjoint à la culture que les plus belles réussites naissent de l’addition de talents et de sensibilités différentes que je veux proposer cette voie pour Arras.

Nombre des amis qui m’ont rejoint pour créer Arras Passionnément ont des parcours politiques différents et ces différences nous enrichissent pour inventer ensemble la ville de demain ; je veux saluer ici Véronique Loir et Pascale Catteau qui les premières – les femmes sont souvent plus courageuses – ont bravé les carcans de la politique d’appareil au conseil municipal.

Chers amis, le calendrier de 2013 sera dense : réunions des groupes de travail sur les 4 axes que je viens d’énoncer, réunions thématiques sur le logement et la desserte ferroviaire d’Arras - parution du journal d’Arras Passionnément dans les prochaines semaines, lancement des « diagnostics de quartier en marchant ».

Vous le voyez, il faudra de l’énergie – nous en avons – il faudra de l’inventivité car tout ce que nous engageons repose sur un investissement bénévole.
Vos idées et vos contributions seront les bienvenues pour nous aider à construire et développer ce projet.

Mais quand je vous vois réunis ce soir, je me dis que ce qui n’était peut-être qu’une douce utopie il y a quelques mois est en train de devenir une réalité bien concrète.

Comme Walter Benjamin, je crois que « le geste de l’enfant qui essaie d’attraper la lune comme un ballon est en apparence inutile et pourtant, ce geste est essentiel, parce qu’il grandit l’élan du cœur, de la main et de l’esprit ».

Je souhaite à chacune et chacun d’entre vous de rester ces enfants qui croient en leurs rêves et qui s’y emploient en donnant sans calcul un peu de leur cœur, un peu de leurs mains et un peu de leur esprit.

Bonne année à tous !

Peur sur le village

C'est un petit livre qui vous prend aux tripes presque par inadvertance pour vous relâcher une centaine de pages plus loin, sonné par l'angoisse qui s'est installée sourdement au fil du récit.

C'est un mélange de Chabrol - pour la dénonciation des apparences bourgeoises - et d'Hitchock pour l'art de l'intrigue et du hors-champ.

La rencontre de l'écriture blanche, minimaliste de Ravey et d'un sujet digne de la Série Noire finit de décontenancer le lecteur convaincu d'avoir refermé un roman.. vraiment peu ordinaire.

Espace Arras famille : pas idyllique pour tous !

Je connais des parents qui ont du s’étrangler à la lecture du magazine Arras Actu - qui n’a jamais autant mérité son surnom de Pravda* locale - et de l’article sur l’Espace Arras Famille.

Si la dématérialisation des procédures est un mouvement positif qu’il faut encourager et poursuivre, la réalité est moins idyllique que ce que laisse entendre la communication officielle.

Nombre de familles déplorent ainsi le manque de souplesse du dispositif et son caractère très contraignant pour les parents aux horaires imprévisibles ou avec plusieurs enfants (si l’aîné est malade, le choix est de laisser le(s) plus petit(s) à la cantine avec les chagrins imaginables.. ou de payer le prix fort !).

Surtout, c’est la manière brutale dont les choses ont été mises en place qui a désorienté : services municipaux mis sous pression, aucune concertation avec les parents ni les enseignants… tout ça pour pouvoir communiquer sur la « modernité » pendant les vœux.

La vie et l’organisation des familles méritaient mieux que cette précipitation pour un coup de comm’ éphémère.

*Comme le célèbre quotidien soviétique, les articles sont à sens unique : gloire à l’action de la majorité et culte du chef en photo à toutes les pages.

L'inutile est essentiel !

C'est la conviction défendue par le psychanalyste Roland Gori qui l'illustre par la très belle citation de Walter Benjamin : "le geste de l'enfant qui essaie d'attraper la lune comme une balle est en apparence inutile et pourtant, ce geste est essentiel parce qu'il grandit l'élan du coeur, de la main et de l'esprit."

Pour l'auteur de La fabrique des imposteurs, la logique d'évaluation permanente dans notre société conduit à ne plus doter le travail d'une valeur mais d'amener les gens à se comporter d'une certaine manière en fonction de critères purement quantitatifs, formels, procéduraux. La reconnaissance n'est plus fondée sur ce que l'on produit mais c'est la reconnaissance sociale qui établit la valeur de ce que l'on produit.

Les conséquences de cette imposture se retrouvent dans nos fonctionnements collectifs : les normes (injonctions, recommandation diverses,.) se substituent insidieusement à la Loi et la politique elle-même se réduit à la rationalité gestionnaire et budgétaire délaissant une réalité plus complexe.

Pour Gori, le social dérape quand il ne se fie qu'au semblant et notre devoir est de dénoncer une entreprise de civilisation qui nous amène à regarder le compteur et pas la route. L'horizon de cette société de la norme est la société animale (la fourmilière) où chaque individu est réduit à son unité fonctionnelle et c'est par le jeu, la poésie, l'amour, la culture, bref dans l'inutile apparent que nous pouvons redonner du sens à l'existence.

Je me retrouve depuis longtemps dans cette conviction que notre devoir d'élu (et notamment en charge de politiques culturelles) n'est pas d'offrir des distractions et des divertissements calibrés pour consommateurs de produits culturels mais de donner des clés pour que chacun puisse se réapproprier la décision de penser et de choisir.

Voeux

Toute l'équipe d'Arras Passionnément vous souhaite une très bonne année 2013 pleine de promesses et de succès et vous donne rendez-vous

le mercredi 30 janvier à 19h à la Maison des sociétés d'Arras - 16 rue Aristide Briand - pour la présentation des voeux.

Pour tout contact : arraspassion@yahoo.fr et 06.95.55.93.83

Derrière la crise, la révolution !

Jamais sans doute, le mot "crise" n'aura été autant employé que cette année. Avec des acceptions de plus en plus larges.

Générales pour désigner pêle-mêle tensions financières, déficits budgétaires, chômage mais aussi dérèglements climatiques, conflits internationaux,..

Bien concrètes pour un nombre croissant de nos concitoyens confrontés aux difficultés d'insertion, de logement, de fins de mois à boucler.

Mais la crise, c'est aussi, selon la formule de Gramsci "quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître".

Michel Serres a éclairé brillamment dans Petite Poucette ces évolutions en profondeur qui vont donner la naissance à un monde nouveau : ainsi, en l'espace d'une vie humaine, nous sommes passés d'une société composée de 50% d'agriculteurs à 1% aujourd'hui et d'un monde de 2 à 7 milliards d'habitants où l'espérance de vie moyenne a triplé.

Surtout l'arrivée des nouvelles technologies depuis une vingtaine d'années est une révolution de même ampleur que l'invention de l'écriture et de l'imprimerie. Elle modifie la façon de travailler, de s'informer mais aussi d'enseigner ou de soigner.

Auparavant le professeur ou le médecin s'exprimaient avec une présomption de compétence qu'ils assénaient à leurs interlocuteurs.
Aujourd'hui, l'étudiant a accès en quelques clics à toutes les bibliothèques du monde avant (et même pendant..) le cours et le patient arrive devant le médecin en ayant déjà établi son auto-diagnostic sur Google.

La politique ne peut évidemment pas rester à l'écart de ces mutations profondes : fin des structures verticales et hiérarchiques, nouvelles institutions et nouvelle représentation politique à inventer, nouvelles modalités de décision collectives et en temps réel.

Déjà, des collectivités s'engagent dans cette voie de la construction collective comme à Mérignac, ou plus classiquement dans la diffusion des conseils municipaux ou des conseils de quartier en direct sur le Net.

La vraie modernité est là et pas, comme on voudrait nous le faire croire à Arras, dans les gadgets pour élus en quête d'image jeune.

Participer à la construction de ce monde nouveau est un défi passionnant et une chance pour nos générations !

Je forme le voeu que 2013 vous apporte la santé, l'énergie et la sérénité et vous donne l'envie d'être acteurs de cette société à réinventer.

Arras doit accueillir l'exposition consacrée à l'Abbé de l'Epée !

Hier soir à la Maison des sourds d'Arras, l'association Trèfle organisait un "café-signes", temps d'échange entre sourds et entendants.

Outre le plaisir de retrouver des personnes passionnées (dont Françoise Casas) avec lesquelles j'ai travaillé, lorsque j'étais adjoint à la culture, sur l'accessibilité des spectacles vivants, j'ai été très touché par la chaleur de cette communauté réunie autour d'un moyen de communication, par cette envie de partager, par la fierté légitime des militants de l'association pour leur action qui lève au quotidien la barrière invisible qui entoure les sourds.

Pour eux, pour les quelques 270 enfants et la communauté éducative du Centre d'éducation des Jeunes Sourds d'Arras, parce que l'éducation des sourds fait partie de l'histoire d'Arras depuis deux siècles avec la fondation de l’institution des sourds et muets en 1817 par Mademoiselle Duler (qui mériterait d'ailleurs une reconnaissance à Arras par une rue à son nom !), il serait légitime et souhaitable que la ville d'Arras cherche à accueillir l'exposition réalisée pour le tricentenaire de la naissance de l'Abbé de l'Epée, premier instituteur gratuit des sourds et muets.

Ce serait une juste reconnaissance et une belle illustration des mots de Victor Hugo : "Qu'importe la surdité de l'oreille quand l'esprit entend. La seule surdité, la vraie surdité, la surdité incurable, c'est celle de l'intelligence."